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mardi, 14 janvier 2014 23:12

Mory Ducros : l’épée de Damoclès européenne

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Communiqué de Karim Ouchikh, Président exécutif du SIEL, administrateur du RBM, Tête de liste SIEL-RBM "GONESSE BLEU MARINE"

mory-ducrosLe plan de reprise de Mory Ducros présenté ces jours-ci par l'actionnaire majoritaire, Arcole Industries, prévoit la sauvegarde de 1.900 emplois au total sur les quelques 5.000 salariés que compte le numéro deux du secteur de la messagerie en France, derrière Geodis. Pour insuffisante qu'elle soit, cette offre est loin d'être acquise. Arcole Industries pose en effet trois conditions rigoureuses pour reprendre le transporteur en redressement judiciaire:

- l'entreprise ne doit pas perdre plus de 20 % de chiffre d'affaires depuis son placement en redressement judiciaire, le 26 novembre 2013 ;

- aucun conflit social ne doit ensuite se produire d'ici au 31 janvier, date à laquelle le tribunal de commerce de Pontoise doit se prononcer sur les offres de reprise.

- enfin, la reprise est soumise à la signature d'un accord avec les organisations syndicales sur le périmètre des critères de licenciement.

De son côté, le gouvernement accepte, non sans atermoiements, de monter enfin au créneau en apportant à Arcole Industries un prêt de 17,5 millions d'euros, mais en conditionnant l'octroi de ce concours financier à l'amélioration du plan social. Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Blazy sont désormais à la croisée des chemins. Faute d'avoir su anticiper les difficultés du transporteur gonessien, – notamment en écoutant à temps les syndicats, depuis longtemps mobilisés sur cette affaire -, le ministre du Redressement productif et le député maire de Gonesse sont désormais condamnés à œuvrer dans la précipitation pour sauver un maximum d'emplois.

Comme tous les Français, les Gonessiens ne se contenteront pas d'une simple politique d'accompagnement social de ceux des salariés qui risquent malheureusement de rester bientôt sur le carreau. Jean-Pierre Blazy et Arnaud Montebourg doivent se mobiliser réellement d'ici le 31 janvier pour améliorer la proposition d'Arcole Industries et obtenir de l'actionnaire principal qu'il modifiee son offre de reprise pour conserver le plus d'emplois possible, en contrepartie de l'aide financière considérable qui sera apportée sur les deniers du contribuable.

Dans cet ordre d'idées, je considère que la clause suspensive relative au maintien du chiffre d'affaires est abusive car elle rend l'offre tributaire d'une condition économique sur laquelle l'entreprise n'a manifestement plus aucune prise : elle doit donc être abandonnée par le repreneur. De la même façon, les deux responsables socialistes devront dire dès maintenant aux Gonessiens et aux Français les dispositions pratiques qu'ils comptent prendre immédiatement, à l'échelle européenne, pour sécuriser juridiquement l'offre de reprise. Nul n'ignore en effet la rigidité idéologique des autorités de Bruxelles qui n'hésitent pas à contester les aides financières apportées par les Etats européens à leurs entreprises en difficultés au nom du respect du dogme néo-libéral de la concurrence libre et non faussée. Qu'adviendrait-il ainsi des emplois sauvés de Mory Ducros si Bruxelles devait remettre en cause demain l'aide publique que le gouvernement Hollande s'est engagé à mettre sur la table ?

Sur les contraintes liées aux difficiles négociations qui s'engagent désormais avec l'actionnaire principal de Mory Ducros et sur l'hypothèque européenne qui pèse lourdement sur le plan de restructuration à venir, Jean-Pierre Blazy et Arnaud Montebourg doivent s'expliquer avec clarté et sincérité. Aux côtés des syndicats aujourd'hui en lutte nom, je demeurerai particulièrement attentif aux initiatives qui seront prises ces prochaines semaines sur le terrain de la résistance économique pour préserver les intérêts des salariés de Mory Ducros et garantir la pérennité de leur outil de travail.

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