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dimanche, 21 septembre 2014 15:56

Les Journées du patrimoine, un cache-misère qui dissimule mal le naufrage de la politique culturelle de la France

Écrit par 

par Karim Ouchikh
Président exécutif du SIEL
Administrateur national du Rassemblement Bleu Marine
Conseiller de Marine Le Pen à la Culture et à la Francophonie
Conseiller municipal de Gonesse

journees patrimoine 2014Les 31èmes journées du patrimoine se sont ouvertes ce week-end. Une fois de plus, l'occasion est belle de mesurer l'engouement singulier des Français pour notre histoire mais aussi de déplorer l'ampleur de l'incurie des pouvoirs publics, incapables d'assurer la sauvegarde de nos milliers monuments et la préservation de nos paysages. 

Des centaines d'hôtels-Dieu sont désaffectés ou convoités par des promoteurs immobiliers ; des casernes militaires abandonnées sont vouées, en nombre grandissant, à des reconversions incertaines ; des milliers d'églises ou de chapelles, fermées au public, se dégradent inexorablement, lorsqu'elle ne sont pas promises à une destruction programmée ; faute de moyens suffisants, nos musées peinent à exposer leurs riches collections et quantité de châteaux n'appartenant pas au Domaine public tombent en ruines ou se vident de leurs mobiliers, faute pour leurs propriétaires privés de pouvoir les prendre en charge ; les abords de nos villes et villages s'enlaidissent tandis que nos paysages sont défigurés par l'explosion de champs d'éoliennes, dans une même indifférence générale.

Face à de pareilles urgences, la réponse des pouvoirs publics est tout sauf suffisante. Quelle efficacité peut avoir l'action indigente d'un ministère de la Culture dont le budget 2014, en baisse de 2,6 milliards d'euros, privilégie davantage le spectacle vivant, les arts urbains ou l'enseignement artistique plutôt que la restauration des monuments historiques (à peine 300 millions d'euros) ou l'entretien et l'animation des grands établissements culturels (Louvre, Musée d'Orsay, Fontainebleau, Versailles, la Comédie-Française...) qui ont vu leurs dotations diminuer de 2,5 % pour la troisième année consécutive ? 

Si la France veut demeurer à la hauteur de son admirable héritage historique, conserver son rayonnement culturel international et maintenir son rang parmi les destinations touristiques les plus fréquentées, notre pays doit se réarmer en se dotant de moyens autrement plus considérables. ‎L es crédits accordés à la rue de Valois doivent être augmentés et enfin sanctuarisés à hauteur de 1 % au moins du budget de la Nation, et se concentrer prioritairement vers des politiques de conservation et de valorisation de notre patrimoine historique. Ce plan Marshalll doit s'accommagner d'une politique culturelle volontariste qui trouvera sa traduction dans des mesures techniques simples : élargissement des capacités pour l'Etat de se rendre acquéreur de biens culturels vendus aux enchères afin d'éviter leur dispersion et ainsi enrichir nos collections publiques ; modification du Code de l'urbanisme pour réprimer les atteintes à notre capital culturel et lutter contre la dégradation de nos paysages et de nos villes ; pérenniser les financements affectés à la sauvegarde de nos monuments et de nos oeuvres d'art, en complétant les crédits publics et ceux du mécénat par un dispositif national de financement participatif qui garantira un soutien populaire permanent...

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