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dimanche, 05 octobre 2014 02:44

La politique par le bas

Écrit par 

par Cédric Milhat
Adhérent du SIEL
Délégué départemental de la Somme

senatLes élections sénatoriales du 28 septembre dernier ont constitué, par leurs résultats, un évènement politique qui fera date dans l’histoire de ce scrutin si particulier dans les institutions de la Ve République. Sans en exagérer artificiellement la portée, l’entrée de deux sénateurs du Rassemblement bleu marine au Palais du Luxembourg, ne doit pas, pour autant être minimisée. Ainsi que l’analyse pertinemment Hubert Montmirail sur Nouvelles de France, cette poussée d’élus lepénistes signifie « que les grands électeurs qui sont souvent des élus locaux sont sensibles aux thèmes développés par le FN : immigration, disparition des services publics locaux, etc. Ainsi, le FN a obtenu sur le territoire national 3 929 votes, alors qu’il ne disposait, au mieux, que d’un millier de grands électeurs [sur un total de 87 000] ». Creusant sa réflexion, il estime qu’« on doit admettre une porosité non seulement des électorats FN et UMP, mais aussi des élus locaux FN et UMP. Les élus locaux réagissent encore comme les simples citoyens et sont moins sensibles aux consignes des appareils. N’étant pas toujours des professionnels de la politique, l’élection sénatoriale présente un caractère moins « existentiel ». Jusqu’où ira cette porosité des électorats ? Cela dépendra des évolutions du FN et de l’UMP, mais il semble qu’il existe déjà, de manière implicite, un système non seulement de désistement, mais d’attraction ». 

En somme, agir local, penser global, selon la célèbre formule attribuée à Jacques Ellul. Car au-delà de l’écume de résultats, restent les leçons d’une tactique que l’on pourrait dénommer la politique par le bas. Tactique à laquelle est attachée le SIEL – et dont Karim Ouchikh est un des tenants –, qui consiste, précisément, à contourner les obstacles et autres diktats des états-majors de ces firmes que symbolisent aujourd’hui les partis politiques, par un rapprochement fructueux avec ce que l’on appelle prosaïquement, la base. Il est remarquable que, sur le terrain, les élus locaux aient réservé un accueil bienveillant, souvent chaleureux, aux candidats estampillés RBM.

Certes, nos élus frontistes vont se retrouver bien esseulés au Sénat, mais leur présence démontre que le long et patient labourage de leur circonscription a finalement été récompensé. L’expérience Bompard fait incontestablement école et porte ses fruits, y compris à l’occasion d’un scrutin réputé inaccessible, notamment, aux « petits partis », par son mode de recrutement complexe. Stratégie au long cours que le SIEL doit promouvoir tant en son sein qu’auprès de son principal partenaire. La politique par le bas démontre que l’opération de « dédiabolisation » est accomplie. Place à la reconquête. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin », disait un certain…Lénine.

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