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mardi, 14 avril 2015 08:18

Loi sur le renseignement : Valls met en place sa police politique

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Le gouvernement Valls présente cette semaine son projet de loi sur le renseignement. Selon ce texte, les services spéciaux se verront bientôt dotés de moyens de surveillance (interceptions de courriels, de sms, écoutes téléphoniques, interception et enregistrement de communications ou d’images prononcées ou réalisées dans un lieu privé…) beaucoup plus puissants et intrusifs que par le passé, moyens qu’ils pourront utiliser sur autorisation du Premier ministre pour des motifs d’intérêt public : sécurité nationale, intérêts essentiels de la politique étrangère, intérêts économiques ou scientifiques essentiels, prévention du terrorisme, prévention de la reconstitution ou du maintien de groupements dissous, prévention de la criminalité organisée et des violences collectives pouvant porter gravement atteinte à la paix publique, menaces et risques susceptibles d’affecter la vie de la nation…

Alors que les professionnels du numérique menacent déjà de délocaliser leurs activités vers des cieux moins totalitaires, les associations des droits de l’homme s’alarment des conséquences dramatiques d’un dispositif de surveillance d’autant plus attentatoire aux libertés individuelles (protection de la vie privé ; secret des correspondances ; confidentialité des sources journalistiques ; secret professionnel des avocats) que ses conditions d’application, éminemment subjectives, échappent à tout contrôle judiciaire.

Au prétexte de lutter contre la violence djihadiste, la majorité socialiste s’apprête à voter un texte qui prépare le terrain en réalité à une surveillance de masse de nos compatriotes. Laissé entre les mains de responsables politiques peu scrupuleux qui, comme Manuel Valls, ne cachent nullement leur hostilité foncière à l’égard du Front national, ce redoutable dispositif portera en germe le risque de dérives liberticides dont les forces patriotiques de notre pays seront à coup sûr les premières victimes. Le renforcement de notre arsenal judiciaire pour lutter efficacement contre le terrorisme islamiste n’autorise évidemment pas le gouvernement socialiste à mettre en place, sournoisement, une police politique avec l’intention manifeste de nuire à ses adversaires politiques.

Le SIEL invite donc solennellement le gouvernement Valls à retirer ce projet de loi controversé et à ne le représenter qu’après y avoir apporter des modifications substantielles garantissant la protection réelle de nos libertés individuelles.

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Karim Ouchikh

Président du SIEL,
Conseiller municipal et d’agglomération de Gonesse,
Conseiller régional Ile-de-France.

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