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lundi, 09 mai 2016 14:30

Chronique de Martine Pincemin : 8 mai 2016

Écrit par  Martine Pincemin

8 mai 1945

Le 8 mai 1945 marque la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en Europe. Conflit le plus sanglant de l’histoire de l’humanité. En France, ce n’est qu’en 1968 que le 8 mai redevient la date officielle de la célébration de cette victoire.

Ce jour, à Suresnes (92. Hauts-de-Seine), devant le Mémorial de la France combattante, érigé le 18 juin 1960, à la demande du Général de Gaulle (décret du 24 novembre 1958), sis au Mont-Valérien, une Commémoration, intergénérationnelle et ô combien émouvante, honorait ceux qui ont sacrifié leur vie pour que la France soit libre.

Quelques 1.009 Résistants (identifiés) y furent fusillés par les troupes nazies, entre 1941 et 1945.

Quelques 200.000 militaires français sont morts durant les opérations qui se sont déroulées entre 1941 et 1945.

Chaque année, je vénère la mémoire d’un des leurs : mon oncle, Maurice Pincemin. Avec son frère Jean, sous le commandement du Général Delattre (1ère DB), ils participèrent au Débarquement de Provence (8 août 1944). Pilote de char du 5ème RCA (Régiment des Corps Africains), il fut blessé lors de leur remontée du Rhône puis du Rhin vers l’Allemagne. Sur son lit d’hôpital militaire, il a écrit ce poème :

A mon frère, en souvenir du char FRANCE et de son équipage, en témoignage de l’affection profonde que je lui porte. Rennes, juillet 1945


Te quittant un matin
dans un dernier regard
de partir et te laisser
j’en avais du chagrin
et pourtant je t’aimais toi mon vieux char

« FRANCE » était ton nom
et pareil à tes frères
tu n’as jamais dit non
invincible tu restais sous ce ciel d’enfer
en faisant gronder ton canon

Je t’ai souvent parlé
dans mes moments d’ennui
surtout quand nous avions barouder
gardes pour toi ce que je t’ai dit
c’est un secret avec lequel il faudra trépasser

Trop de choses nous rapprochent
pour que je t’oublie
pourtant je te fais un reproche
c’est à cause de toi que je suis ici
j’ai perdu mon sourire et mon air gavroche


Certes des balles tu m’as protégé
maintes fois tu m’as sauvé la vie
mais en revanche tu as gardé ma santé
et maintenant une femme te maudit
et moi « FRANCE » dois-je te pardonner


Fait à l’hôpital de Rennes ce 31 juillet 1945


Maurice PINCEMIN

Mon oncle, Maurice PINCEMIN, est décédé à l’hôpital militaire de Vannes le 18 février 1946,
âgé de 23 ans.

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