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mercredi, 13 septembre 2017 14:58

Le gouvernement prépare la PMA, les enfants trinqueront !

Écrit par  Brigitte Dussouds, Déléguée régionale Ile-de-France du SIEL

"Sur RMC ce mardi 12 septembre, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a déclaré que l’extension de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes, c’est-à-dire sans père, serait légalisée en 2018 avec la révision de la loi de bioéthique. « C'est une question de justice sociale. Parce que, actuellement, on constate qu'il y a des femmes qui sont en France, qui ont les moyens d'aller à l'étranger faire une PMA. Et des femmes qui sont en France, qui n'ont pas les moyens d'aller à l'étranger faire une PMA". »

Alors que, de l'aveu même du président Hollande, il y a eu plus d'un million de français dans le rue contre le mariage homosexuel, à cause, justement, du risque de « fabriquer » des orphelins de père ou de mère, le gouvernement remet le sujet sur la table! Habilement, certes, puisqu'on prépare les esprits en douceur: « En 2018, il aura la révision de la loi de bioéthique »...On n'oublie pas qu'on déjà révisé le Comité Consultatif National d'Éthique en changeant une grande partie de ses membres, ce qui avait dire au député Jean Leonetti : « Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique ».
C'est « le CCNE (qui) organisera donc de fin 2017 à 2018 cette réflexion citoyenne qu’il souhaite partager avec la communauté scientifique, la société civile présente dans les espaces éthiques régionaux, et les journalistes, en tant qu’animateurs et/ou observateurs, société civile et scientifiques se nourrissant mutuellement de leur réflexion » comme il est indiqué sur son site! Fi donc des responsables religieux ( qui ont été éliminé du CCNE, au profit de laïcs), fi des philosophes et des éthiciens: nous sommes prévenus, ce sont les journalistes qui seront les arbitres !
Bien qu'ayant reconnu que « les droits et les besoins des enfants sont essentiels. Cet aspect des droits des enfants conçus par PMA sera central dans l’avis du CCNE. »,contre toute attente le comité s'est déclaré favorable à la PMA pour toutes les femmes.
Ou sont passés les droits des enfants? Encore une fois, ils sont bafoués! Au profit du « droit à l'enfant ».
Même si on peut légitimement comprendre la souffrance d'un couple stérile et jusqu'à maintenant, malgré les problèmes éthiques qui restent soulevés( tri des embryons et rejet des plus faibles, risques médicaux pour la mère liés à une sur-stimulation hormonale, souffrance des enfants nés de PMA hétérologue(donneur extérieur) en quête de leurs racines), on peut difficilement admettre cela pour des enfants qui devront grandir sans père, c'est à dire sans repères: une deuxième maman, si virile soit-elle ne peut remplacer un père !
Si on regarde la littérature sur les enfants élevés sans père, le bilan est édifiant. Fait-on abstraction de ce père ou non ? Si l'on fait, par exemple, comme s'il n'avait jamais existé, l'effet sera redoutable, car ces enfants n'auront pas droit à leur histoire. Ils peuvent avoir, à leurs côtés, une personnalité structurante, mais l'histoire de ses deux parents lui échappe. Il demeure un sentiment sous-jacent d'abandon, qui est bien là. Les psychologues le reconnaissent: quelle que soit la forme de l'absence, la construction des enfants est rendue plus fragile...
« Le droit à l'enfant » a pour autre conséquence logique: la légalisation de la GPA (Grossesse pour Autrui) qui en découle directement sans résoudre le problème supplémentaire du statut de la mère porteuse!
Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA « La première responsabilité des politiques est de protéger la vie et la dignité des plus fragiles. Pour cela, il est important qu’ils soient éclairés par des experts et des sages, en raison de la complexité croissante des sujets induite par les mutations exponentielles des biotechnologies.
Le SIEL partage cette vision de la défense des plus faibles et demande à ce que le gouvernement Macron renonce à diviser les français sur des sujets sociétaux: les français sont prêts à redescendre dans la rue et ne sont pas décidés à accepter une vision de la société fragilisant la filiation et les enfants eux-mêmes !
Quant à ce qui se fait à l'étranger, on m'a toujours recommandé de ne pas regarder ce qu'il y a dans l'assiette des autres!... et c'est plus sage.

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