Imprimer cette page
dimanche, 15 avril 2018 15:49

Macron, nouveau caniche des États-Unis

Écrit par 

Dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont menés conjointement des frappes en Syrie contre de supposés centre de production et de stockage d'armes chimiques. Cette opération s'est déroulée sans mandat de l'ONU et sans preuve formelle, les inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'étant attendus sur place que le 14. Cette attaque fait suite à l 'utilisation supposée par le gouvernement syrien de chlore et de sarin à Douma le 7 avril dernier.

Officiellement la Syrie, adhérente à la convention sur l'interdiction des armes chimiques depuis septembre 2013, ne possède plus d'armes de ce type depuis juin 2014, date à laquelle ont été détruits les éléments permettant la fabrication de sarin et de gaz moutarde sous la supervision de l'OIAC. En outre on sait depuis 2013 que des groupes terroristes en Syrie, comme le front Al Nosra, ont la capacité de produire du sarin, une substance déjà utilisée lors de l'attaque du métro de Tokyo par la secte japonaise Aum Shinrikyo en 1995. En 2015 le gouvernement turc a été accusé par un membre de l'opposition de ne pas avoir limité l 'acheminement de gaz sarin produit en Turquie à destination des groupes terroristes en Syrie.

Dans de telles conditions désigner à la vindicte internationale Bachar el-Assad comme responsable de l'utilisation d'armes chimiques à Douma est un raccourci facile qui sert avant tout les intérêts des Etats-Unis et des groupes terroristes sur place. Les accusations portant sur le chlore sont encore plus difficile à prouver cet élément étant utilisé couramment dans l'industrie, fabrication de liquide vaisselle par exemple... Pour rattacher de manière irréfutable l'utilisation d'armes chimiques par telle ou telle partie il faut trouver les munitions complètes, prêtes à l'emploi, ce qui n'est pas le cas ici.

Emmanuel Macron, tout comme Theresa May en Grande-Bretagne, en suivant aveuglément Donald Trump sur la voie de l'escalade militaire au mépris de toute vision géostratégique globale apparaissent comme les nouveaux caniches de la maison blanche. La France, protectrice des lieux saints depuis Saint-Louis, perd avec cette action irréfléchie un peu plus de son prestige au Levant au profit de la Russie. Le SIEL condamne fermement la décision du président Macron d'engager nos forces armées sur le territoire d'un état souverain sans mandat de l'ONU et sans preuves réelles de l'implication de cet état dans l'attaque chimique ayant servi de prétexte à cette intervention.

Outre l'impact négatif de cette participation à l'opération guerrière des Etats-Unis sur l'image de la France au proche-orient il y a lieu de s'interroger sur le budget des armées. Trois missiles de croisière naval ont été tirés depuis la frégate Languedoc lors de cette opération ainsi que neuf SCALP-EG depuis Rafale et Mirage 2000. 200 exemplaires de MdCN et 500 SCALP-EG seulement ont été commandés. Est il prévu un budget annexe au budget de la Défense pour compenser l'utilisation de ces armes afin de répondre aux lubies de suivisme atlantique du président ?? C'est la lutte contre le terrorisme qui doit être prioritaire, pas des frappes punitives contre un pays luttant en première ligne contre le terrorisme islamiste !!

Un autre élément inquiétant, du point de vue opérationnel cette fois ci, réside dans le fait que 70% des missiles tirés semblent avoir été interceptés SANS utilisation des moyens sol-air russes. Hors la DCA Syrienne est équipé de matériels obsolètes datant de la guerre froide. ‌Il est probable que le russes aient modernisés certains matériels mais ce n'est pas suffisant. Peut-être ont ils également fournis des données et un soutien en guerre électronique pour perturber l'électronique des missiles et les rendre plus faciles à abattre. Dans tous les cas c'est extrêmement inquiétant car cela signifie qu'avec les matériels russes modernes (S-300, S-400 etc) AUCUN missile ne serait passé !!

De plus il n'y a pas eu de victimes, ce qui peut signifier que les Syriens étaient au courant de l'attaque, certainement prévenus par les russes qui ont pu avoir l'info soit car prévenus par les États-Unis afin d'éviter tout engrenage, soit par obtention des renseignements par d'autres voies (hacking, écoute électronique ou interception des communications).

Lu 1572 fois
Cyril Giraud

Responsable national chargé des questions militaires et de Défense
Responsable Inter-régional SIEL Nord-Ouest
Responsable départemental des Deux-Sèvres