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mercredi, 05 septembre 2018 09:45

Hommage à Charles Péguy

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Le 5 septembre 1914, partant à l’assaut des lignes allemandes à la tête de sa compagnie du 276e régiment d’infanterie de Coulommiers, le lieutenant Charles Péguy est tué à Villeroy, à quelques kilomètres de Meaux, frappé d’une balle en plein front. Tombé au champ d’honneur à l’âge de 40 ans, il ne verra pas la victoire des troupes françaises, remportée quelques jours plus tard lors de la bataille décisive de la Marne.

Ainsi disparaissait l’un des plus grands écrivains français, au tout début d’une guerre effroyable qui marqua la fin d’une époque. Auteur d’une œuvre littéraire foisonnante, d’inspiration mystique, n’hésitant pas à embrasser les grandes querelles du moment, notamment lors de l’affaire Dreyfus, Charles Péguy symbolisa sa vie durant les contradictions de son temps : tout à la fois socialiste en rupture de ban, patriote universaliste et catholique anticonformiste, ayant soif de liberté et de vérité, cet intellectuel inclassable s’attacha infatigablement à défendre le modèle d’une République vertueuse et bienveillante. Né d’une famille modeste, n’oubliant jamais ce qu’il devait à l’école républicaine, le fondateur des Cahiers de la Quinzaine dénonça avec force l’emprise de l‘argent et du modernisme sur la société, le délitement des valeurs et la disparition des société traditionnelles. Sa fidélité à la République ne s’est jamais construite autrement que dans la continuité de l’histoire de l’Ancien Régime : « La République une et indivisible, c’est notre royaume de France ».

Cent quatre ans après sa mort, la postérité Charles Péguy est considérable et son œuvre politique et littéraire résonne intensément, encore aujourd’hui. Car aimer Péguy, c’est se convaincre que l’on peut chérir son pays, sans exclure la dimension universelle de son horizon de pensée ; aimer Péguy, c’est croire que les valeurs de la République sont parfaitement compatibles avec l’attachement à l’héritage historique de la France largement façonné par ses racines chrétiennes. Charles Péguy est bien l’homme de la synthèse nationale, l’homme qui a su concevoir, à l’exemple de Maurice Barrès ou du général de Gaulle « l’alliance de la République laïque et de la France chrétienne dans le patriotisme » (Michel Winock, Le siècle des intellectuels). Un idéal à cultiver inlassablement pour tous ceux qui seraient tentés de troquer l’amour charnel de la patrie au profit d’une fuite en avant matérialiste…

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre…
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu…
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés »
Ève, 1913

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Karim Ouchikh

Président du SIEL,
Conseiller municipal et d’agglomération de Gonesse,
Conseiller régional Ile-de-France.

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