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lundi, 27 mai 2019 14:05

Européennes 2019 : la Ligne claire s’efface, le SIEL revient !

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Au soir du 26 mai, les Français ont placé le Rassemblement national en tête des listes à l’élection européenne. Ce succès arithmétique, incontestable, constitue cependant une victoire à la Pyrrhus pour trois raisons au moins.

Emmanuel Macron n’a pas été franchement désavoué par les électeurs puisque la liste LREM a recueilli 22,4 % des suffrages, soit un point d’écart avec la liste emmenée par Jordan Bardella, au terme pourtant d’une campagne calamiteuse conduite par la catastrophique Nathalie Loiseau ! Le chef de l’Etat limite ainsi la casse. Le vote sanction, maintes fois annoncé par Marine Le Pen, ne s’est pas donc produit.

Dès dimanche soir, après l’annonce des résultats électoraux, l’Élysée a fait savoir qu’il n’y aurait aucun changement de cap dans sa politique, ce que j’avais prédit pour ma part ces dernières semaines. De la même façon, la demande solennelle de Marine Le Pen, dimanche soir, d’inviter Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale (en oubliant de réclamer la démission du chef de l’État…) restera à l’évidence lettre morte. Le vote utile martelé par le parti frontiste durant la campagne pour contraindre le locataire de l’Élysée à rompre avec sa politique actuelle (et asphyxier électoralement au passage les autres listes), a donc clairement échoué.

Au Parlement européen, les partisans de l’intégration toujours plus poussée de l’UE (effacement des États, austérité, dumping social, désindustrialisation…) occuperont 505 sièges sur 751, soit 67, 2 %. Divisées, les forces eurosceptiques siègeront probablement dans deux groupes. Le groupe constitué autour de la Ligue de Matteo Salvini, avec le concours du RN disposera ainsi de 71 élus, soit 9,5 % des sièges... Au total, c’est bien la ligne politique défendue par Emmanuel Macron, partagée idéologiquement par les verts européens, qui sort donc largement vainqueur des urnes à l’échelle du continent, laissant ainsi présager pour les députés RN une mandature qui sera dominée par les foucades, les incantations et les imprécations…

Dans ce paysage post-électoral, le résultat enregistré par la Ligne Claire, constituée à l’occasion de l’élection européenne à l’initiative de Renaud Camus et de moi-même, est particulièrement décevant. C’est incontestablement un échec. Il ne pouvait malheureusement en être autrement au regard du cruel dénuement d’une liste qui n’a bénéficié ni de l’accès aux médias, ni de l’appui des banques, une liste qui, faute d’affiches, de professions de foi, de bulletins de vote, n’a pu se faire connaître auprès des électeurs. À quoi se sont ajoutés les coups de théâtre dévastateurs qui se sont produits durant la dernière ligne droite de la campagne, lesquels ont profondément déstabilisé notre électorat : entre les photos anxiogènes de deux colistières qui furent exploitées pour dénigrer la Ligne claire et la décision brutale de Renaud Camus d’abandonner en rase campagne la direction de la liste, rien n’aura été épargné pour condamner une entreprise politique dont les ambitions gênaient de toutes parts.



A ceux qui ont fait confiance à la Ligne claire en votant pour cette liste malgré tout, je veux exprimer ici mes plus vifs remerciements.

Nous devons surmonter notre déception immédiate, parfaitement compréhensible, nous tourner vers l’avenir et garder confiance car nous avons pris date collectivement et de belle manière ! Pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, une force politique a présenté aux suffrages des électeurs, avec courage, lucidité et détermination, un programme anticonformiste, combattu par le Système, qui plaçait au cœur de ses ambitions la lutte contre le Grand Remplacement et l’islamisation de l’Europe, en offrant une solution pacifique pour y répondre, la remigration, sans aucunement négliger la question de la préservation de l’environnement et celle de la défense de la personne humaine.

L’avenir s’offre incontestablement à nous. La vague verte et la colère patriote expriment partout en Europe désormais une aspiration populaire à refuser la destruction du monde, à laquelle la victoire du RN en France ne répond qu’imparfaitement, ne serait-ce qu’en raison de la frilosité idéologique et médiatique de sa direction nationale et du refus congénital de sa présidente de bâtir des alliances pour élargir sa base électorale. De façon générale, il n’existe plus désormais que des forces atomisées entre le RN et la LREM : LR est marginalisé, DLF est évaporé, l’UPR et les Patriotes ont disparu des écrans radars politiques.

La nature ayant horreur du vide, il nous appartient par conséquent de rassembler demain les Français autour d’un projet ambitieux qui restaure la grandeur de la France, garantisse la prospérité de notre peuple et sauvegarde la civilisation européenne. Cette ligne politique est celle d’une écologie intégrale, la seule qui puisse au fond convaincre une majorité de Français autour de trois objectifs essentiels : protéger l’environnement, défendre la personne humaine et préserver l’identité des peuples. Si l’on veut battre Emmanuel Macron et réussir demain l’alternance, c’est d’abord auprès de l’opinion publique, au Parlement et à l‘occasion des scrutins qui s’annoncent qu’il nous faut désormais porter la contestation, avant de prétendre défaire le chef de l’État dans les urnes en 2022.

La Ligne claire est désormais derrière nous et le SIEL reprend dorénavant son entière liberté pour se mettre en ordre de bataille au service de la France et des Français, dans la perspective notamment des prochaines échéances électorales. Que chacun soit assuré de ma détermination à ne jamais renoncer à ce grand dessein politique en travaillant toujours à l’union de toutes les forces patriotes, d’où qu’elles viennent. Malgré nos divergences de vues durant la campagne, fortement dommageables, je demeure fidèle à la pensée prophétique de Renaud Camus en qui je conserve estime personnelle et admiration intellectuelle.

Avant de clore ce premier bilan des élections européennes, qui annonce nos combats futurs, je veux exprimer mes plus vifs remerciements à l’égard de l’ensemble des colistiers de la Ligne claire, sans aucunement oublier de marquer ma reconnaissance personnelle à notre équipe de campagne qui a réalisé un travail formidable autour de sa cheville ouvrière, Julien Havasi : chacun a manifesté un dévouement, une fidélité et une force de caractère particulièrement exemplaires, singulièrement lorsqu’il nous a fallu affronter ensemble de fortes tempêtes. Sans eux, rien n’aurait été possible.

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Karim Ouchikh

Président du SIEL,
Conseiller municipal et d’agglomération de Gonesse,
Conseiller régional Ile-de-France.

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