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vendredi, 20 avril 2012 13:42

Discours de Paul-Marie Coûteaux au Zénith le 17 avril 2012 (Meeting Marine Le Pen)

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fotocoutozenith

Marine Le Pen a tenu son dernier discours de campagne au Zénith de Paris devant 7000 personnes chauffées à blanc . En ouverture, Paul-Marine Coûteaux, président de SIEL, a prononcé un discours dont voici le verbatim:

Nous ne sommes pas réunis ici, mes chers compatriotes, pour marquer la fin de la belle campagne du premier tour de Marine le Pen; nous sommes ici, d'abord, pour marquer le début d'une longue, très longue aventure, qui connaîtra dimanche son premier temps fort et qui nous conduira ensuite, dans nos villes, nos villages, nos campagnes à la reconquête de la France par elle-même, c'est-à-dire à la reconquête de la France par son peuple. Ce rassemblement du peuple français, d'ores et déjà esquissé par l'alliance du FN et des souverainistes du SIEL au sein du Rassemblement bleu marine, nous le construirons ensemble en rappelant la France, une fois de plus, à l'essentiel d'elle-même : sa souveraineté.

Oui ! Ce peuple aujourd'hui jeté au ruisseau par la coalition des oligarchies, nous allons, nous autres les patriotes éternels, le redresser une fois de plus, avant qu'il ne glisse à la soumission, l'invasion et le chaos; nous allons une fois de plus le reconstruire pour qu'il soit ce qu'il est et sera toujours, le modèle d'une nation libre parmi toutes les nations du monde.

Entrons les yeux ouverts, mes chers compatriotes, dans la nouvelle époque, qui sera sans doute l'époque des drames; ce sera une toute nouvelle époque politique, marquée par une équation entièrement neuve, récurrente sans doute dans notre histoire mais neuve et déroutante pour notre génération, une époque où toutes les querelles politiques seront secondaires par rapport à cette simple alternative : demain, c'est la France ou le chaos.

Oui, la France, ou le chaos !

Le chaos, point n'est besoin de le dessiner, il gronde à tous les horizons : paralysie de l'Etat, ne serait-ce que par l'épouvantable accumulation des déficits à tous niveaux de l'action ou de l'inaction publique, droguée depuis quarante ans à la dépense, au déficit, un véritable drogue qu'elle n'a désormais plus les moyens de s'offrir. qui n'en a plus les moyens; errements de notre diplomatie engluée dans l'atlantisme et l'euro-manie : épuisement de notre appareil militaire, déliquescence des services publics et jusqu'aux plus essentiels, la santé, la police, la Justice et par dessus tout l'Education nationale; un nombre croissant de jeunes sortent du système scolaire sans savoir vraiment lire ni vraiment écrire, sans connaître grand chose de notre patrimoine artistique ou littéraire, et pas beaucoup plus de l'histoire nationale... et combien, qu'ils viennent de Tamanrasset ou de Romorantin, ne connaissent à peu près rien de la France, au sens, au goût, aux principes de la France, détachés qu'ils sont de tout lien, de toute appartenance, et devenus ainsi de faciles pâtures pour le grand barnum de la mondialisation qui n'est qu'une américanisation du monde, l'universelle marchandisation de toute activité humaine -un système matérialiste, matérialiste jusqu'à la nausée, qui tue à petits feux l'humanité de l'homme.

Notre patrimoine est à l'abandon, à commencer, à quelques encablures d'ici, par la Basilique de nos rois, saint Denis, livrée à tous les vandalismes, sans parler de la destruction des églises, des villages et leurs vieux trésors envahis pas les ronces, des contrées plongées dans la déréliction où l'on en revient peu à peu, loin des caméras, aux économies de survie du Moyen Age, sans parler des fameuses banlieues peu à peu converties en jungles : autant de territoires abandonnés qui semblent ne plus être en France, une France qui pourrait ne plus être, un jour, qu'une sorte de terrain vague entre le Rhin et l'Atlantique livré aux communautés et aux bandes.

Nos frontières sont grandes ouvertes, impossibles à contrôler dit-on, ce qui n'empêche pas de maintenir pour les nouveaux arrivants des droits qui ne sont même pas consentis à nos nationaux, par l'effet de cette préférence pour l'étranger qui aura été la douce folie de toute une génération. Des millions de sans abris ou de mal-logés, 8 millions de pauvres, chiffre de 2008, devenus 10 millions en 2011, et cette année 11 millions : jusqu'où la pauvreté happera-t-elle dans ses crocs des parts croissantes du peuple français, tandis que ses jeunes, du moins ceux qui le peuvent, n'échappent au chômage qu'en s'expatriant, comme si la France était un pays sous développé -cette France qui devient l'homme malade de l'Europe.

On n'en finirait pas de décrire les maux qui accablent la France quand on a le courage de les regarder en face ; mais ce courage, ni les médias, ni les politiques en chambre, ni les notables ou les notoires ne l'ont, ni ne l'auront jamais, ils auraient trop peu d'apercevoir leurs béances, et il est dérisoire que, tandis que Marine fut seule à poser le débat à bonne hauteur, la souveraineté, la légitimité, l'autorité de l'Etat, le rétablissement des frontières, la remise en cause des bases pourries du système économique, financier et monétaire, les candidats du système, nous aient distrait avec des histoires de permis de conduire : politique de l'autruche, autisme parfait face au désastreux bilan !

Ce bilan, mes chers compatriotes, ce n'est pas celui de Nicolas Sarkozy seul, car M. Sarkozy n'aura été hélas qu'un comparse. Ce bilan, c'est celui de toute une génération, cette génération 68 qui, à partir des années 70 aura conquis peu à peu tous les pouvoirs, Education nationale, Université, édition, médias, et finalement les pouvoirs publics les uns après les autres, grandes villes, départements, régions, Sénat et bientôt la Présidence de la République. Face à la coalition de la gauche socialo-communiste tout à coup reconstituée, face à l'hégémonie de la gauche soixanthuitarde ou soixanthuitattardée, hégémonie étouffante et même totalitaire, la petite droite n'a rien pu opposer, d'abord parce qu'elle n'a jamais mené le moindre combat intellectuel, cédant sur tout, acceptant la supra-nationalité européenne et l'hégémonie états-unienne, acceptant la licence morale, l'affairisme tous azimuts, et, pire que tout l'affaissement de l'Etat par la substitution du dialogue, du compromis, de la gouvernance pèpère, avec ses torrents de crédits et de sparadras pour acheter la paix sociale, à la fierté de la nation, à l'autorité de la chose publique, au souci de pérenniser la civilisation française, et finalement les points cardinaux de la vraie droite, la droite de la droiture, la droite populaire, la droite nationale !

Oui, la gauche soixanthuitarde domine tout et partout, et l'on voit même ressurgir à tous les horizons des marées de drapeaux rouges ! Finalement, la gauche aura tout conquis, et elle aura même conquis la droite -cette fausse droite qui a abandonné ses principes, une droite trompée par le miroir aux alouettes de la modernité politique, cette droite des gogos qui ne s'est que trop bien entendu avec la gauche des bobos. Et voilà pourquoi, je vous le dis, s'il s'agit de battre la gauche, eh bien, le vote Sarkozy est inutile. Je vous le dis, cette fausse droite blottie sous les ailes de la gauche hégémonique, cette droite de salon qui n'a nullement l'intention de modifier le logiciel dominant, ne fait que perpétuer depuis des décennies l'hégémonie de la pire gauche, la gauche mondialiste. Je ne suis pas membre du Front national, je préside un jeune parti le SIEL, Souveraineté, Indépendance et Libertés qui regroupe des gaullistes et des souverainistes dispersés, et je m'adresse ici, comme ancien collaborateur de Philippe Séguin et ancien membre du RPR, à mes amis abusées, aux patriotes trompés par les mots et les roueries du discours et qui persistent à voter UMP pour "faire barrage à la gauche" : souvenez vous, nous avons voté Chirac pour éviter Jospin, et nous avons tout de même eu Jospin; beaucoup ont voté Sarkozy pour éviter Ségolène Royal, et ils ont eu Kouchner, ils ont eu Mitterrand, ils ont eu Rachia, et Fadela, et Rama - et ils ont même eu Carla !

Faut-il sans cesse recommencer de jeu de dupes? Notre entreprise à nous est infiniment plus ample : elle vise à renverser la vieille hégémonie de toutes les gauches dont la droite mondaine, cette hégémonie née dans les années 70 et aujourd'hui à bout de souffle, pour opérer un vrai renversement culturel et intellectuel, d'aucuns diront "à la Granmsci", un renversement du bloc historique, en somme pour créer une autre génération politique, dont le soutien majoritaire que les jeunes de France accordent à Marine montre qu'il est inscrit dans le futur - nous sommes ici pour créer, pour recréer ce dont le pays a cruellement manque depuis la mort du Général de Gaulle, une droite patriotique.

Oui, la génération des années 68 et 70 se meurt. Eh bien, vive la génération 2012 !

Alors, je m'adresse pour finir à mes amis souverainistes, aux pasquaïens d'antan, aux villieristes abandonnés, à mes compagnons du défunt RPR de Séguin, aux partisans de Nicolas Dupont-Aignan tentés par une démarche courageuse mais solitaire et donc diviseuse, je m'adresse aussi aux anciens partisans d'un Chevènement dont le ralliement à François Hollande prouve bien qu'il n'y a plus place à gauche pour les patriotes. A tous je dis : sachez voir les vraies césures de demain, ne manquez pas le renversement intellectuel et politique qui doit redonner à notre pays, avec Marine et la jeunesse de France la grande force nationale dont nous poserons dimanche la première pierre fondatrice, et à partir de laquelle nous restaurerons, non pas les fondamentaux de tel ou tel parti, mais, tout simplement les fondamentaux de la France. Oui, la France, simplement, tranquillement, naturellement !

A tous, je dis ce soir : faites cet effort intérieur, élevez-vous au dessus des petites querelles et des petits calculs, soyez à la hauteur de l'Histoire : vous verrez que tout ce qui élève unit, que, une fois encore, tout ce qui élève nous unira.

Une femme s'est levée : elle écoute le peuple, le peuple l'écoute, et c'est bien pourquoi elle fut de bout en bout au centre de cette campagne et de bout en bout attaquée par la coalition des intérêts acquis, des profiteurs d'abandon et des débrouillards de la décadence. C'est que tous, adversaires comme partisans, ont compris qu'elle était l'un de ces personnages hors du commun que la France a toujours trouvé sur son chemin pour se reprendre au bord du précipice.

Avec elle, derrière elle, notre entreprise est immense : elle ne consiste pas seulement à gagner une élection, mais à refonder une République dont les solives se sont effondrées, comme de Gaulle l'a fait à deux reprises, en 1940 et en 1958 quand il a dû en quelques années, et c'est bien tout notre projet, reconquérir la souveraineté nationale, restaurer l'autorité de l'Etat, refonder la légitimité populaire et retrouver l'héritage de la civilisation française.

Que nul patriote, nul Français qui garde au cœur une idée de la France ne manque ce prochain rendez-vous de l'Histoire de France ! Que vive dans les siècles à venir le grand peuple français, que vive dans nos petits cœurs mortels l'impérissable aventure d'une nation libre! Et que vive la République, notre Royaume de France !

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SIEL


Souveraineté, Identité Et Libertés

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