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lundi, 23 juillet 2012 15:57

La police de la pensée, c'est maintenant !

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Depuis quelques semaines, avec une intensité grandissante, une véritable chasse aux sorcières s'est solidement installée en France dans le débat des idées, portant atteinte comme jamais à la liberté d'expression dans notre pays. Pris au piège de ce climat détestable, l'impertinent Eric Zemmour n'est ainsi guère assuré de disposer demain de ses tribunes actuelles qui lui permettront d'exprimer ici où là ses talents de polémiste, tant ses opinions transgressives heurtent de longue date le politiquement correct.

Dans le même ordre d'idées, le comédien Laurent Deutsch éprouve actuellement d'invraisemblables attaques émanant du Groupe communiste et Parti de gauche au Conseil de Paris, qui lui reproche « l'orientation idéologique », si peu concevable, de son ''best-seller'' Métronome, consacré à l'histoire de la capitale. A la manœuvre de cette offensive politicienne inédite, qui dévoile une singulière et inquiétante volonté de réécrire l'histoire, se dissimule Alexis Corbière, élu du Parti de gauche, qui s'était déjà distingué voici deux ans en demandant le changement de nom du Collège Vincent d'Indy, situé dans le 12ème arrondissement de Paris, au motif que ce célèbre compositeur français du début du XXème siècle, catholique et nationaliste, aurait été « durant sa vie un adversaire acharné des valeurs de la République » !

C'est bien cette funeste intolérance, systématiquement opposée à la liberté de chacun à exprimer sans crainte ses idées, qui conduit aujourd'hui l'admirable écrivain français Renaud Camus, - auteur d'une œuvre immense, dont notamment l'ouvrage prophétique « Le Grand Remplacement » - à être poursuivi devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris, à la suite d'une plainte du Mrap, du chef de provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence nationale, raciale ou religieuse, pour avoir tenu des propos d'une rare lucidité dans son discours prononcé le 18 décembre 2010 aux Assises sur l'islamisation de l'Europe.

Quelques mois plus tôt, cette même police de la pensée avait alors frappé : à la suite de deux tribunes roboratives diffusées sur le site internet Riposte Laïque, deux de ses responsables, dont le très combattif Pierre Cassen, avaient été pareillement condamnés le 23 mars 2012 par le tribunal correctionnel de Paris du chef de provocation à la haine envers les musulmans à de lourdes peines d'amende et à indemniser diverses associations parties civiles, dont la Licra, SOS Racisme et le Mrap....

A bien scruter l'actualité en ce domaine, l'implacable indignation des sempiternelles ligues de vertu continuera en vérité à s'exercer demain, avec une égale rigueur, de manière toujours sélective : des rives monotones de la bien-pensance et du conformisme intellectuel, les Français n'attendent manifestement rien, qu'il s'agisse de prendre l'initiative d'éradiquer avec énergie l'antisémitisme impuni qui gangrène notoirement les banlieues françaises ou de dénoncer avec force la diffusion, lors du concert de la chanteuse américaine Madonna au Stade de France, ce samedi 14 juillet, d'un clip vidéo dans lequel Marine Le Pen apparaît scandaleusement affublée d'une croix gammée sur le front.

Inséparable de la liberté de conscience, étroitement associée à la liberté de pensée, la liberté d'expression constitue la première de nos libertés publiques : dans une conception exemplaire de cette liberté fondamentale, n'en va-t-il pas en effet du droit inviolable pour chaque individu de manifester publiquement ses opinions intimes, sans jamais craindre de devoir les reléguer au for interne ?

Pourtant, sous l'effet d'un militantisme associatif marqué du sceau de l'intolérance idéologique, le délit d'opinion s'est insidieusement enraciné en France, lequel doit assurément sa redoutable réussite aussi bien aux tabous dominants qui enchaînent irrésistiblement l'exercice quotidien de la parole qu'à l'émergence de lois à caractère liberticide. Encouragés par des gouvernements de gauche comme de droite, ces lois comme ces interdits visent au fond à normaliser et à sécuriser la pensée dominante, en asservissant partout l'expression des opinions jugées déviantes : avec la menace permanente de coûteuses chicanes, il s'agit non plus simplement de prohiber ce qui porte atteinte à l'ordre public stricto sensu ou aux intérêts objectifs des individus, mais bien de réprimer abusivement ce qui est idéologiquement illégitime de penser et d'exprimer.

Une épouvantable police de la pensée est ainsi à l'œuvre, étouffant autant le débat public que la libre manifestation des opinions individuelles, si bien que nos compatriotes dressent partout le même constat accablant : la liberté d'expression est devenue à présent en France un vaste champ de ruines.

Karim Ouchikh

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