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lundi, 31 décembre 2012 12:00

La fuite devant l’impôt révélateur de notre société ?

Écrit par 

par Michel CONSTANT

impotsLa fuite devant l’impôt révélateur de notre société ?

C’est par cette simple question que je souhaite intervenir sur la polémique qui depuis plusieurs jours enflamme nos édiles et happy few parisiens.

Si certains choisissent volontairement l’exil fiscal c’est qu’ils réalisent une opération d’optimisation fiduciaire visant à faire économiser beaucoup d’argent.

J’entends nos élus nationaux et responsables politiques, de droite comme de gauche, s’insurger sur la désertion au moment ou notre pays est dans les difficultés.
Ils brandissent l’argument suprême que les déserteurs ont forcément eu recours à la solidarité nationale.
Ors nos compatriotes, exilés ou non, ne sont pas « fâchés » avec l’impôt mais bien avec l’utilisation des fonds collectés.
Charité bien ordonnée commence par soi-même ; Nos édiles ne reçoivent leurs émoluments, rémunérations et défraiements que par les impôts collectés.
Ils devraient toujours garder en tête cette trivialité avant d’engager toutes dépenses dans l’exercice de leurs mandats.

Mieux, j’ose affirmer que la contribution à la nation, beaucoup seraient heureux de la verser ; même symboliquement.

La société Française, à mon sens, s’est saucissonné en trois groupes distincts depuis des années sans que les mesures prises depuis plusieurs décennies n’enrayent le phénomène.

1er groupe : nos compatriotes exonérés de l’impôt sur le revenu. Se ne sont pas des personnes pendues au crochet de l’état. C’est une masse grandissante de travailleurs trop pauvres pour être imposés sur le revenu, écrasés par les taxes divers toujours croissantes et dont les reliefs de salaires leurs permettent tout juste de survivre.

2ème groupe : nos compatriotes sans possibilités d’échappatoire. Leur nombre se réduit comme peau de chagrin. « Middle class » à la Française taxée sur tous les fronts. Ils craignent pour leurs enfants, leur avenir et pour partie de tomber dans la 1ère catégorie.

3ème groupe : nos compatriotes qui ont réussi par leur travail, leurs efforts à être les plus riches d’entre nous. Un certains nombre partent avec un capital « hérité » mais la pérennisation de l’entreprise ou du capital sont tout aussi noble. Fuir devient le maitre mot. La rentabilité est plus grande à salarier un ou plusieurs avocats fiscalistes que payer l’impôt.

Nos traditions héritées du 19 ème sont le labeur, l’épargne et la transmission. Notre société était basée sur le fait que la génération suivante vivrait mieux. Cet axiome disparait et l’exil fiscal n’est que l’indicateur du malaise. Et ce n’est pas sur le maire de Londres, le ministre des affaires étrangères Belge et l’Europe entière qu’il faut compter pour stopper l’hémorragie. La des-harmonisation devient une arme pour favoriser l’installation des sièges d’entreprises ou les fortunes ailleurs que dans notre pays. Il est temps d’appliquer une vieille règle de bon sens ; ne jamais dépenser 3 sous quand on en a 2. Et il est grand temps d’arrêter la recette éculée de la fuite en avant : investir sur un hypothétique meilleur avenir sans jamais se préoccuper des rentrées pécuniaires futures qui les paieront.

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SIEL


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