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dimanche, 10 mars 2013 23:27

Où en est la Maison de la Francophonie ?

Écrit par 

par Karim Ouchikh
Président exécutif du SIEL
Administrateur du RBM

chateau villers-cotteretsRépondant à Jacques Krabal, député de l'Aisne, lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le 13 février 2013, Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, a déclaré vouloir « faire du Château de Villers-Cotterêts, la maison de la Francophonie ». Dans ce vénérable château, situé dans le département de l’Aisne, - aujourd’hui passablement délabré du fait de l’incurie des pouvoirs publics à en assurer une indispensable restauration -, François Ier apposa sa signature en août 1539 au bas de la célèbre ordonnance éponyme qui généralisa l’usage du français dans tout le royaume : avec cet acte fondateur, toujours en vigueur, le français est devenu la langue officielle de la France.

A l’heure actuelle la Francophonie compte 220 millions de locuteurs et regroupe 77 pays à travers le monde. Incarnant depuis toujours la puissance du rayonnement universel de la France, la langue française demeure l’un des rares pare-feu qui permet encore à notre pays de se prémunir contre le phénomène de nivellement culturel que lui impose la mondialisation. Nommée voici dix mois dans le gouvernement Ayrault, Mme Yamina Benguigui peine manifestement à traduire dans les actes les hautes ambitions politiques qui devraient pourtant guider l’action quotidienne de son ministère. Jamais l’usage de la langue de Molière n’aura été aussi malmené, en France comme à l’étranger, d’abord à l’initiative de ceux-là mêmes qui devraient en être les porte-drapeaux hors de nos frontières, à l’exemple de nos hauts fonctionnaires internationaux qui, - à Bruxelles, comme ailleurs - ne cessent de la négliger dans les enceintes internationales, souvent par pure snobisme, au profit d’un succédané de l’anglais (le fameux « globish »), peu fidèle à la langue de Shakespeare.

Si Mme Yamina Benguigui ne veut pas condamner la Francophonie à demeurer une simple fiction, aux accents dramatiquement incantatoires, l’ancienne réalisatrice de cinéma serait bien inspirée de joindre prestement la parole aux actes en s’assignant, avec volontarisme, des objectifs réalistes qui soient à la mesure des moyens politiques et financiers qui sont modestement alloués à son ministère : comme celui, par exemple, de faire concrètement et rapidement du château de Villers-Cotterêts le lieu emblématique de la défense et de la promotion universelle de la langue française. Chiche !

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