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mardi, 19 mars 2013 18:30

La vraie nature du mariage

Écrit par 

par Laure FOURÉ

mariageA l'occasion des débats organisés au sujet du "mariage pour tous", la vraie nature du mariage n'a quasiment jamais été évoquée, empêchant ainsi nos compatriotes de disposer des éléments de réflexion indispensables pour éviter de tomber dans le piège sémantique des promoteurs de la réforme, adoptée dans la précipitation par le gouvernement.

Selon le juriste français Gérard Cornu, "le mariage est l'union légitime d'un homme et d'une femme, par laquelle les futurs conjoints se placent dans une situation juridique durable afin d'organiser leur vie commune et préparer la création d'une famille". Il s'agit donc d'un acte officiel instituant une communauté de vie entre deux époux dont le but est de constituer de façon durable un cadre de vie commun aux parents et aux enfants pour leur éducation.

De son côté, l'anthropologue Claude Lévis-Strauss rappelait que "le mariage, socle universel de la famille fondée sur l'union socialement approuvée de deux individus de sexes différents qui fondent un ménage, procréent et élèvent des enfants, apparaît comme un phénomène quasi universel, présent dans tous les types de sociétés."

Ainsi, le mariage représente, par son essence même, une institution reconnue et organisée par la loi, qui détermine, au regard des valeurs et des traditions propres à chaque civilisation, les droits et les obligations s'imposant aux époux dès la manifestation de leur libre consentement.

Contrairement aux arguments avancés par les défenseurs du "mariage pour tous", il ne s'agit donc pas d'un banal contrat entre deux, voire bientôt plusieurs personnes, désirant organiser leur vie commune à leur convenance, en fixant eux-mêmes les clauses de l'acte.

A cet égard, si l'union matrimoniale, fondement de la famille, ne constituait pas la cellule de base de la société sur laquelle celle-ci peut s'appuyer pour favoriser l'épanouissement de ses membres et promouvoir la solidarité entre les générations, il n'appartiendrait pas à un officier d'état-civil investi d'une mission de service public de déclarer les époux "unis par les liens du mariage". Celui-ci pourrait être souscrit par devant notaire ou même sous seing privé, dans un document librement rédigé par les parties, sous l'unique réserve du respect des dispositions légales d'ordre public.

Au surplus, le caractère institutionnel du mariage est confirmé lors de son éventuelle rupture par le rôle conféré au juge chargé de veiller à la protection des personnes les plus faibles de la famille et d'organiser les conséquences matérielles et morales du divorce qu'il devra prononcer. S'il s'agissait d'une simple convention, les conjoints pourraient se séparer sans en référer à la justice, d'un commun accord ou en répudiant son partenaire par courrier postal, comme le législateur le prévoit pour la dissolution du pacte civil de solidarité (PACS).

En définitive, alors même que le mariage réservé à deux personnes de sexes différents relève du droit naturel et que sa remise en cause ne saurait en principe entrer dans le champ démocratique, l'organisation d'un référendum sur le projet proposé par le pouvoir socialiste aurait permis de soulever les véritables enjeux de sa dénaturation, tant en ce qui concerne les rapports entre les époux que le sort réservé aux enfants "issus" d'unions homosexuelles.

Quoi qu'il en soit, n'oublions jamais qu'en dépit de toutes les attaques qu'elle subit, la nature triomphe toujours et que les dégâts causés par le détournement de cette institution universelle et indispensable à la survie de l'humanité précipiteront la renaissance du véritable mariage, conforme à la loi naturelle.

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