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mardi, 21 mai 2013 21:40

Hommage à Dominique Venner

Écrit par 

par Paul-Marie COUTEAUX
Président fondateur de Souveraineté Indépendance et Libertés (SIEL),
adminstrateur du rassemblement Bleu Marine (RBM)

venner « Tout ce qui nous arrive nous ressemble » disait Wilde ; la mort de Dominique Venner bouleverse ses amis mais ne les étonne pas, tant son dernier geste est à son image, aristocratique, romain, solaire, infiniment clair, infiniment noble. A l'heure d'une sorte de mort christique qui est aussi l'heure de sa victoire, ce personnage qu'a toujours tenu fier et droit un sens instinctif de la grandeur, du sacrifice et de la maîtrise de soi, entre dans le cortège des héros qui ont marqué de part en part la longue mémoire d'une civilisation qu'il connaissait et servait avec scrupule et dont la dégénérescence le désespérait, à quoi pour autant il ne se résignait pas : le voici inscrit pour toujours dans la ligne de ses maîtres antiques auxquels il nous ramène, fussent-ils païens, la ligne des francs chevaliers de l'âge féodal et des héros de Corneille, inscrit dans l'Histoire d'un trait admirable par ce qu'il résume et récapitule : il est admirable que ce polythéiste obstiné, mort debout comme un preux, se soit donné la mort, ou la vie, au pied du grand autel de la cathédrale Notre Dame de Paris ; admirable que ce partisan résolu du « dépassement européen » ait été malgré tout l'archétype d'un grand Français honorant d'un geste emblématique une nation, la France, qui, seule dans une Europe qui s'abandonne, résiste au remplacement de son peuple, à la déliquescence de sa civilisation, à la décadence morale qui entraîne toutes les autres décadences ; admirable qu'un acte froid et raisonné réponde aux folies de la théorie du genre, qui l'horrifiait, notamment de ce mariage dénaturé devenu loi l'avant veille du jour qu'il choisit pour disparaître, où il voyait la blessure la plus vive qu'inflige à la Nature le rouleau compresseur du mercantilisme -et de ce monde unidimensionnel qui, comme il l'écrivait dans l'un de ses derniers textes, fait de l'enfant un objet de consommation et rend interchangeables les êtres, les hommes et les peuples ; admirable enfin que cet homme discret et sobre ait d'un coup touché des millions de cœurs, nous rappelant ensemble à la gravité, montrant à tous combien la politique, que notre temps rend trop souvent frivole ou dérisoire, abordait désormais à un nouvel âge, sans doute celui du drame, de la violence, du sacrifice, peut-être de la tragédie. Telle est la dimension que nous donnerons désormais à nos combats en mémoire de Dominique Venner, sûrs qu'il a tout à l'heure vaincu l'accablement comme il a vaincu le désespoir veule, et ce néant qui hantait son esprit mais qu'il vient d'abolir. En ce jour où notre chagrin s'illumine, tandis que son corps tombe et que son âme s'élève, voici accomplie la prière de Rilke : «O mon Dieu, donne à chacun sa mort propre ! ». Sa mort dit Dominique Venner tout entier. Impeccable.

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