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jeudi, 19 septembre 2013 20:30

Le détournement d'Europe

Écrit par 

Catherine Rouvier, vice-présidente de SIEL, candidate SIEL-RBM à Aix-en-Provence, s'est exprimée en ces termes lors de l'assemblée plénière de l'université d'été du FN à Marseille, le 15 septembre dernier : voici la reproduction de son discours.

catherine-rouvierMesdames, Messieurs, votre attention s'il vous plaît : le vol CEE 1957-86 à destination de Prospérité dans les îles de la Paix a été détourné. « L'équipage est sain et sauf mais il a été embarqué dans un vol UE 1986-2014 dont la destination reste inconnue à ce jour ».

Oui mes chers compatriotes, la petite caravelle Europe des années 50, modeste aéronef de fabrication française, avec seulement 6 puis 12 passagers a été détournée. Aujourd'hui 28 États sont à bord d'un Boeing pléthorique dont la destination est inconnue. Car l'avion est made in USA, et le commandement aussi ! Il donne ses ordres au coup par coup à un Barroso obéissant et qui a renoncé à poser des questions.

Alors nous, seuls véritables patriotes de ce pays à la dérive, nous allons les poser, ces questions :

- Pourquoi et comment l'Europe des nations est-elle devenue le ban d'essai hasardeux d'une utopique gouvernance mondiale?

- Pourquoi et comment sa politique originelle qui était justement faite pour contrebalancer dans le monde la toute puissance américaine a-t-elle été vassalisée ?

- Pourquoi et comment cette fédération d'États souverains est-elle devenue un Super État qui échappe au contrôle des peuples qui l'ont créée ?

1. Pourquoi ?

De fait, dès le début, différents équipages se disputaient le commandement.

Il y avait celui de Robert Schuman, mort il y a 50 ans presque jour pour jour, l'avocat lorrain intègre et talentueux, tiré de son cabinet pour être porté par le suffrage des électeurs à la députation de la Moselle en 1919. C'est lui qui avait imaginé le premier, ravagé dans sa vie personnelle comme tant de Lorrains et d'Alsaciens par les guerres meurtrières avec l'Allemagne, d'atteindre la prospérité par la paix en créant des « communautés économiques européennes ». Chaque mot pèse ici : économique et non politique, et communauté. Une communauté est formée d'hommes, individus ou peuples. Tandis qu'une Union est une union d'États. Selon ses propres mots le 9 mai 1950 dans le discours célèbre qu'il fit pour annoncer la naissance de la CECA, l'Europe ne se fera pas d'un coup mais par une politique de « petits pas ». Or dans ce schéma initial chacun de ces petits pas était dûment validé par les États souverains, un seul d'entre eux pouvant bloquer tout le processus.

Dès 1965 cependant un autre équipage, celui de Jean Monnet (1888-1979) négociant en cognac (Mister Jean Monnet of Cognac pour les américains) numéro 2 de la SDN, co-président de la Bancamérica, l'homme de l'union franco-britannique chez qui à Londres de Gaulle a rédigé l'appel du 18 juin (il le dira pourtant dès1943 «ennemi du peuple français car ennemi de la construction européenne») ! Allait œuvrer contre cette philosophie. Tout ca va trop lentement pour eux ! Charles de Gaulle les immortalisa dans cette image : ceux qui crient l'Europe, l'Europe en sautant comme des cabris !!! Et dès 1965 fit la politique de la chaise vide qui déboucha sur le compromis de Luxembourg destiné à maintenir le véto de la France.

Mais c'est un troisième équipage, moins visible mais plus pernicieux, qui allait venir au secours des atlantistes. Celui des utopistes mondialistes dont l'opinion est clairement exprimée dans un livre de Jürgen Habermas, pape des philosophes allemands, paru en 2000 : «Après l'Etat-Nation».

Il s'agit de rien moins que de faire de l'Europe le laboratoire d'un gouvernement mondial, forcément démocratique et donc forcément pacifique (comme on l'a vu en Serbie, en Irak, en Lybie etc...). Ce qui explique qu'il faille d'après monsieur ATTALI, y continuer une immigration soutenue de non européens. Ce qui implique aussi que l'Europe englobe la Turquie, mais aussi la Géorgie, le Liban, et pourquoi pas notre ami le Qatar ! La bêtise insondable et le vide intersidéral de cette proposition ne seraient cependant rien de grave, juste une histoire de plus à dormir debout, si dans les faits et dans le droit la négation de ces peuples d'Europe n'avait pas commencé.

2. Comment ?

Du vol Air Europe 1951-86 est débarqué un équipage de citoyens français, belges, allemands, etc. Mais dans le Boeing des pirates ne monteront plus que des «citoyens européens », dénomination inscrite dans le traité de Maastricht, et qui suppose un super état. Mais pour cela il a fallu, bien avant, détourner les institutions.

Dès 1974, arrive au pouvoir en France un chef d'État soucieux avant tout d'être « moderne ». Or être «moderne » c'est singer l'Amérique. Aujourd'hui comme hier... Alors Giscard qui se rêve en Président de l'Europe égal au Président des États Unis va bouleverser l'équilibre institutionnel originel.

Les institutions premières de l'Europe étaient d'une grande simplicité et partant, d'une grande efficacité. Le seul organe « communautaire » était la Commission, chargée de proposer aux États membres les moyens techniques, juridiques et économiques de réaliser un projet de gestion commune des productions (acier, énergie nucléaire, puis produits agricoles) dans l'optique purement économique d'un « marché commun des biens et des services ». Il avait à ce titre la rédaction d'un projet ensuite discuté au sein d'un conseil, le conseil des ministres, où se retrouvaient les ministres concernés de chacun des États. Ce sont eux qui votaient ou rejetaient le texte. Une « assemblée » formée de députes nationaux en cours de mandat dans leur propre pays donnait ensuite son avis. Ainsi le gouvernement comme le parlement national étaient non seulement informés mais parties prenantes de la discussion et du vote.

La réforme giscardienne va apporter deux changements majeurs à ce dispositif. D'abord l'institutionnalisation de ce qui n'était jusque là qu'une réunion informelle des chefs d'Etat appelée «sommet européen » et qui devient le Conseil européen (pendant que le conseil des ministres devient le Conseil de l'Union, ce qui fait que plus personne n'y comprend rien). Ce sera acté en 1986. Ensuite l'élection d'un « parlement européen » (qui sera ainsi nommé en 1979 également) au suffrage universel. Sous couvert d'un but vertueux d'extension du domaine de la démocratie qui a fait crier de joie les idiots utiles de toujours, il s'agissait de rien moins que de couper les parlements nationaux et donc les nations du processus de décision européen.

Encore, au début, lorsque chaque pays constituait une seule circonscription on pouvait encore croire qu'il s'agissait de faire vivre au niveau européen les démocraties nationales. Mais depuis que les circonscriptions européennes sont devenues les régions, et non pas les 22 régions réelles, qui commencent seulement en France à exister politiquement aux yeux des citoyens, mais 8 régions virtuelles, au découpage plus qu'étrange (le centre par exemple !), qui comprend quoi à cette élection ? Qui connait les candidats ? A part les stars des médias, comme Cavada... Alors bien sûr nous sommes gâtés : ce sont les dirigeants et cadres du parti eux même qui s'y collent, alors on les identifie bien !

En revanche d'autres, pour prendre la tête de liste aux européennes, abandonnent la présidence de leur parti. Erreur !

Mes amis, Bruno Golnish le sait, qui nous faisait pleurer de rire lors d'un dîner à Versailles avec le regretté maître Wagner dés ses débuts à Strasbourg : à une assemblée ainsi composée et de surcroît labellisée par le polyglottisme de 24 langues, on peut faire faire n'importe quoi ! Du fait de cette élection à partir de 1979 du parlement européen les parlementaires français ont été coupés des décisions européennes. Ils ont peu à peu péniblement crée des interfaces. Mais que de temps et d'argent perdus, que d'inflation comitologique ! Et d'une pierre deux coups pour les négateurs de peuples. Nos compatriotes ne votent plus pour leurs députes (on l'a tous vu hélas en juin : 50 % d'abstention) puisque « tout se fait à Bruxelles » ! Et ils ne votent pas plus pour des candidats aux élections européennes qu'ils ne connaissent pas, dans le cadre de circonscriptions dont ils ne se sentent pas membres et pour des débats polyglottes dans une assemblée lointaine ...

Résultat : mort de la démocratie vraiment populaire, mort des Nations, mort des peuples !

3. Alors que faire ?

Il y a des choses qu'on ne peut pas défaire et d'autres qu'on peut défaire. On ne peut pas revenir au schéma institutionnel initial - sauf si l'Aéronef Europe explose en vol évidemment. En revanche on peut, car la décision européenne est d'inspiration contractuelle, dé-communautariser certains domaines de souveraineté. Grâce à nous, peuple français et quelques autres, nous avons échappé à la consécration définitive du super État par une Constitution européenne que nous avons refusée. Nous sommes donc toujours dans une logique de traité entre États souverains qui peuvent, par des procédures rendues trop complexes mais qui ont le mérite de continuer à exister voter la dé-communautarisation.

Au premier chef celle de la politique des visas et de l'immigration. Il faut revenir dans ce domaine sur les modifications du traite d'Amsterdam (97) qui a « communautarisé » ce domaine jusque là « intergouvernemental » et sur celles du traite de Lisbonne (2007) qui a abandonné la règle de l'unanimité.

Il faut retrouver la maitrise :

- du franchissement des frontières - demandez à la Grèce ou à Lampedusa !!!

- de la lutte contre le terrorisme, la criminalité, le trafic de drogue, demandez pourquoi aux Marseillais !

- il faut retrouver la maitrise de la lutte contre l'immigration irrégulière et celle de la politique d'asile ! Renégocier la libre circulation qui dès janvier va s'appliquer à la Roumanie et la Bulgarie a l'issue des 7 ans de régime probatoire restrictif ! Et Schengen ! Signée entre 5 États en 1985 et applicable à la France depuis 1986, cette convention est devenue partie prenante du droit européen dans le traité d'Amsterdam de 1997. Seule la GB et l'Irlande ont demande à en être exemptées.Comme préliminaire à cette ré-négociation, on peut déjà faire jouer une clause d'exemption provisoire (article 2.2).

Au deuxième chef la politique monétaire qui fait partie depuis le traité de Lisbonne des compétences exclusives de l'Union, si bien que ce traité qui permet la sortie de l'Union

(art. 50) ne permet pas la sortie de l'euro sans sortie de l'UE !

Qui n'a pas encore dans les yeux l'image désolante d'un leader grec désespéré écartant ses bras devant les députes dans un geste terrible d'impuissance en réalisant qu'il ne PEUT pas demander l'avis de son peuple sur une sortie éventuelle d'un euro qui l'étrangle ?

Enfin il faudra renégocier cette charte européenne qui grâce à nous n'est pas devenue le préambule de la constitution du super État mais qui à la même force juridique contraignante et constitue donc une véritable constitution au sens matériel du terme.

Elle impose à tout notre droit ses choix idéologiques : l'interdiction de la peine de mort, la parodie de mariage entre 2 êtres de même sexe, l'accueil obligatoire des soi-disant « gens du voyage » qui ne voyagent plus dès qu'ils ont trouvé le bon pigeon..., le financement des allocations familiales des enfants d'immigrés vivant dans leur pays d'origine, le remplacement de nos fêtes millénaires par l'aïd et le ramadan , et bientôt la polygamie et l'euthanasie pour tous ! Et cela, mes amis, mes chers compatriotes, même les États Unis ne l'ont pas osé ! Obama va dénoncer l'homophobie supposée de Poutine, mais le droit américain n'oblige pas un État à aligner tout son droit sur celui de l'Union.

Alors haut les cœurs ! Convainquez chacun de vous 10 personnes de voter pour nous aux européennes et non pas pour des listes qui sont des leurres sympathiques mais inutiles !

Et, juste avant, convainquez en 10 autres de voter pour nous aux municipales. Tous derrière Ravier à Marseille, derrière Rouvier a Aix, derrière Mélin a Aubagne.....Ici même décidons de faire de la monstrueuse Métropole en phase d'accouchement une terre de conquête !!! Sus aux mastodontes Politiques qui nous dépossèdent de nos droits politiques !! Car oui, mes amis, oui, cent fois oui, c'est bien vrai, de la commune à l'Europe, l'avenir est patriote !!!!

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SIEL


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