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lundi, 28 octobre 2013 17:28

Quand la gauche s'évapore

Écrit par 

par Paul-Marie Coûteaux
Président de Souveraineté, Indépendance et Libertés - SIEL

Paru dans "Valeurs Actuelles" du 24 octobre 2013

valeurs-actuelles-241013De qui doutait encore, l'affaire de la malheureuse Léonarda achève d'ouvrir les yeux : il n'y a plus de Gauche française. Celle-ci a bâti en trois siècles une sorte d'imperium idéologique qui lui permit de conquérir peu à peu tous les pouvoirs, culturels d'abord, politiques ensuite, au point de se confondre non seulement avec la République au sens qu'elle lui donna (en opposition à la monarchie), mais aussi à la Res-Publica plus classiquement définie comme le primat de l'intérêt général, c'est à dire du Droit. Or, voici que la grandiose Gauche pulvérise sous nos yeux les quatre piliers sur lesquels fut fondé son empire, la nation, le peuple, la laïcité, et même, désormais, le droit.

La Nation ? Ce fut longtemps son étendard. Mais, déjà submergée par le vieil internationalisme mué en mondialisme béât, elle est à présent noyée dans les chimères de l'Europe supra-nationale et du sans-frontiérisme, au point que nos omniprésents gauchistes, absorbant toute la gauche, l'assimilent unanimement au nationalisme pour en faire une sorte de diable parfait.

Le peuple ? Alors que la démocratie avait entendu faire de lui la seule source de légitimité, le voici mis en demeure de se dissoudre sous la masse des immigrés, nouveaux prophètes et réservoir inépuisable de voix, ce qu'il en reste se voyant condamné au silence sous peine de populisme, quand il n'est pas révoqué d'un trait parce qu'il vote mal -cf. le traité de Lisbonne. Comment, de toutes façons, construire une démocratie, demo-kratos, dès lors qu'est nié le demos ?

La laïcité ? C'est peu dire que la gauche en récuse à la fois la lettre (quand ses élus s'empressent aux fêtes islamiques, financent des mosquées sur fonds publics, ou utilisent, tel Delanaoë, les panneaux publics pour souhaiter le bon ramadan), mais aussi l'esprit : ne voit-on pas les services publics qu'elle dirige, nationaux ou locaux, soumis à l'insidieuse discrimination positive, les Musulmans bénéficiant d'une préférence systématique ? Sans parler de cette quintessence de laïcité, qui entendait faire primer les valeurs de la Connaissance sur celles de la Croyance, et, corrélativement de la liberté d'expression, autre étendard victime du même suicide idéologique : à Gauche, le souci de connaissance (notamment historique) recule de tous côtés, tandis que la croyance, pervertie en dogmes quasi-religieux, submerge tout.

La gauche submergée par le gauchisme

Soulevant des torrents d'indignation parce qu'un préfet osa appliquer la loi, l'affaire Léonarda a montré ce qui restait du primat absolu du Droit, dernier piler de la gauche dite républicaine : rien. Quand un Garde des Sceaux disqualifie le principe même de la prison, indispensable instrument d'application de la loi, laissant en liberté des dizaines de milliers de condamnés faute de place dans les prisons (comme s'il n'était pas possible d'en construire, comme si la prison n'était pas la façon la plus civilisée de garantir le droit en lieu et place de la jungle partout renaissante); quand le maire du Xè arrondissement orne la devanture de sa mairie d'un énorme bandeau en "soutien aux sans papiers", lesquels sont des hors-la-loi; quand les ténors socialistes insistent sans fin sur "la force injuste de la loi" comme disait un Mitterrand décidément maître en l'art de saper la République; quand la Gogoche à l'unisson (à l'exception de J-P. Chevènement protestant encore dans son coin), et le Président de l'a-république, dont l'incapacité à gouverner n'est certes plus à démontrer, demande le retour d'une hors-la-loi le jour même où le rapport du ministre de l'intérieur annonce qu'elle fut expulsée dans les formes, on ne voit plus ce qui reste du droit : ceux pour qui l'Etat n'est plus admis à appliquer la loi, ne sont pas des 'gens gauche", mais de simples propagandistes de l'anarchie -ce récurrent prurit qui traverse toute notre histoire et se réinstalle partout aujourd'hui sur les ruines de l'Etat de droit.

La Droite veut elle retrouver quelque fondement ? Qu'elle ramasse les vraies valeurs de la Res Publica, et l'on verra que, sous le chahut libertaire, la gauche devenue anti-républicaine est aujourd'hui bel et bien morte. D'ailleurs, il était temps.

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SIEL


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