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samedi, 16 novembre 2013 18:48

Le traité de Maastricht a vingt ans : un anniversaire qui sonne le glas de l’Europe

Écrit par 

par Karim Ouchikh
Président exécutif du SIEL - Administrateur du RBM

drapeau-europe1993-2013 : en ce 1er novembre, deux décennies séparent l'entrée en vigueur du traité de Maastricht qui jeta les bases d'une monnaie unique en Europe, en imposant à chaque Etat membre l'obligation de contenir son déficit public à 3 % de son produit intérieur brut et celle de limiter sa dette à 60 % du PIB.

L'enthousiasme initial des européistes a rapidement cédé le pas, dans les opinions publiques, à une défiance persistante des peuples européens à l'égard d'un traité qui accoucha, sous les traits de l'Union européenne, d'un modèle institutionnel inédit qui s'avère désormais, à l'épreuve des faits, aussi impuissant à assurer la prospérité économique, culturel et social du continent qu'à protéger ses Etats membres des excès du libéralisme sauvage mondial. En 2012, pour le cas de la France, l'Ifop avait mesuré avec pertinence la proportion de ceux de nos compatriotes qui revoterait aujourd'hui pour le traité de Maastricht : seuls 36 % des Français y seraient désormais favorables contre 51 % lors du référendum de 1992...

L'échec du traité de Maastricht était pourtant prévisible, comme inscrit dans les étoiles : bâtie à partir de réalités économiques profondément hétérogènes, interdisant en son sein toute solidarité financière structurelle, dépourvue de la moindre politique économique, budgétaire et fiscale intégrée, cette union monétaire ne pouvait en définitive que creuser davantage les écarts de compétitivité entre des économies européennes durablement divergentes. Pour l'heure, le bilan pour la France est des plus catastrophiques : un euro fort qui plombe les capacités à l'exportation de nos champions, une politique d'austérité budgétaire qui pétrifie les forces vives de la nation, un matraquage fiscal qui assomme aveuglement les ménages et les acteurs économiques, un appauvrissement durable du tissu industriel français...

Avec l'adoption parlementaire en 2008 par l'UMPS du traité de Lisbonne, qui effaça d'un coup le non massif des Français à la Constitution européenne de 2005, le processus de construction européenne a révélé depuis lors son vrai visage : celui d'un modèle anti-démocratique qui impose subrepticement aux peuples de nos continents un système institutionnel technocratique et autoritaire. Refusant lucidement le discours idéologique ambiant, se détournant d'un européisme béat, nos compatriotes ne veulent plus désormais s'en laisser compter : passablement désenchantés, 58 % des Français estiment, selon un sondage du CSA paru en octobre 2013, que « l'Europe a un impact plutôt négatif sur la France » et 52 % réclament « moins d'Europe » à l'avenir.

Plutôt que d'accabler l'Europe sur un mode incantatoire, à l'instar des caciques de l'UMPS, Marine Le Pen propose, avec le Front national et le Rassemblement Bleu Marine, d'orienter la construction européenne selon un modèle institutionnel alternatif fondé sur la libre coopération d'Etats souverains qui respecterait enfin, dans une communauté de destins, les droits des peuples de notre continent. Le processus pour y parvenir serait transparent : renégocier un an durant dans cette perspective, avec nos partenaires, les traités européens qui fondent l'organisation de l'Union européenne; à défaut d'accord, la sortie de l'UE serait alors programmée, en soumettant préalablement ce choix au libre arbitre des Français, par voie de référendum. Des objectifs clairs, une méthode fiable et démocratique : tels sont, vingt ans après l'entrée en vigueur du funeste traité de Maastricht, les ambitions politiques de Marine Le Pen pour sauver l'Europe des errements suicidaires de l'Union européenne.

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