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mercredi, 19 février 2014 20:15

La guerre idéologique impose le réarmement culturel et politique

Écrit par 

par Karim Ouchikh
Président exécutif du SIEL, Administrateur du RBM

fouleA l'initiative des écologistes, les députés ont effacé du Code civil, en janvier dernier, l'expression ''Bon père de famille''. Cette réforme faisait suite à celle qui a substitué depuis peu le ''nom de famille'' au ''nom patronymique'' dans le vocabulaire administratif. Un an plus tôt, Jean-Marc Ayrault enjoignait déjà aux administrations de supprimer de leurs formulaires les termes de ''mademoiselle'', ''jeune fille'' et ''nom d'épouse'' pour les remplacer par ceux de ''madame'', ''nom de famille'' et ''nom d'usage''. Au fil de ces réformes orwelliennes, notre vocabulaire se dépouille ainsi peu à peu des ''survivances patriarcales'' ou des civilités prétendument jugées ''discriminatoires'' ou ''sexistes''...

Avec ce totalitarisme linguistique qui dénature le sens même des mots, confond sciemment égalité et uniformité et nie la différence des sexes, des idéologues libertaires cherchent à imposer leur vision radicale du monde et ainsi forger la figure d'un homme nouveau, détaché de toutes appartenances, malléable à merci, un individu hors-sol dont les pulsions matérialistes anéantiraient en somme ses capacités à résister au puissant rouleau compresseur de la mondialisation économique. Puisant sans complexes dans les travaux ses think tanks, comme Terra Nova, s'appuyant sur la politique sociale libertaire conduite aveuglement par François Hollande, ces redoutables activistes ont décidé d'anéantir le socle anthropologique de notre pays en se donnant un objectif stratégique : déposséder le peuple français de son conditionnement historique, en détruisant sa mémoire, ses croyances, son identité, en brisant ses repères familiaux, en instillant dans l'esprit de nos compatriotes les idéologies les plus déstabilisantes, comme la folle théorie du genre, en se débarrassant des cadres institutionnels de proximité, tels la commune ou le département...Du terrorisme intellectuel qui cible prioritairement les patriotes et les souverainistes à la répression policière massive qui a frappé les participants à la Manif pour tous, en passant par les atteintes répétées aux libertés publiques, le pouvoir socialiste est prêt à tout pour museler ses opposants et faire passer ses funestes réformes sociétales.

Certes, après l'adoption en 2013 de la loi autorisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, les réformes ciblant à présent la PMA, la GPA, l'IVG ou l'euthanasie constituent autant de moyens pour le gouvernement de brouiller les cartes en détournant habilement de l'attention des Français les sujets quotidiens qui les préoccupent le plus : le chômage, l'insécurité, la baisse du pouvoir d'achat, les plans sociaux, le matraquage fiscal, la fuite en avant européiste...Si ces arrière-pensées politiciennes ne sont pas étrangères à l'ardeur réformiste des socialistes, elles ne sauraient conduire à négliger en vérité le dessein originel de cette gauche mondialiste qui a abandonné le peuple et oublié la nation : profiter de son passage au pouvoir pour refonder notre modèle de civilisation, en coupant les ponts avec notre héritage anthropologique d'une manière d'autant plus aisée qu'une large partie de la droite parlementaire lui est toute acquise idéologiquement.

Cette attaque frontale du socle anthropologique de la société française, - déjà fragilisée par les ravages de la mondialisation anglo-saxonne -, est confortée au surplus, dans ses effets dévastateurs, par l'insécurité culturelle qui se propage depuis près de vingt ans en tous points de notre territoire. L'arrivée massive de populations d'origine étrangère, concentrées en des zones géographiques précises, provoque l'enracinement de communautés ethnico-religieuses hermétiques qui fonctionnent en vase clos, en adoptant bien souvent des comportements anxiogènes radicalement étrangers à nos modes de vie traditionnels. Ces populations nouvelles aspirent d'autant moins à s'assimiler instinctivement à notre modèle séculaire de civilisation que celui-ci peine à séduire à mesure que s'essouffle un sentiment d'appartenance nationale perpétuellement tourné en dérision.

En un mot comme en cent, la guerre idéologique est aujourd'hui ouvertement déclarée par les partisans de l'après-France. Contre le sentiment de fatalisme qui accable l'esprit de nos compatriotes, il nous faut réagir et relever ensemble ce défi inédit. Ce combat historique impose avant tout la réappropriation par la France des instruments de sa souveraineté sans lesquels aucune politique indépendante n'est envisageable, pas même celle autorisant la maîtrise efficace de nos frontières qui seule nous permettra d'enrayer le changement de peuple qui est actuellement à l'œuvre. C'est tout le sens des élections européennes de mai prochain dont le scrutin doit marquer, par la victoire annoncée des forces eurosceptiques, un coup d'arrêt sérieux au processus d'intégration toujours plus poussée des Etats dans le vaste ensemble supranational, uniforme et autoritaire de l'Union européenne, en attendant la renégociation radicale des traités européens qui interviendra à compter de 2017.

Pour notre famille de pensée, cet affrontement de civilisation prendra les traits d'un réarmement culturel qui devra s'opérer méthodiquement aussi bien par l'organisation de manifestations de tous ordres qui alimenteront en permanence, dans le champ de la pensée, le débat des idées, - contribuant de la sorte à accroître notre poids intellectuel et notre rayonnement idéologique auprès de l'opinion publique -, que par la mobilisation sur le terrain, essentiellement dans les communes, de tous les leviers d'action opérationnelle que sont l'école, la programmation culturelle, l'action sociale, la vitalité du tissu associatif, avec pour objectif explicite de refonder démocratiquement un sentiment d'appartenance national puissant capable de transcender, pour les dépasser enfin, les communautarismes de toutes espèces. De ce point de vue, les élections municipales doivent nous offrir l'occasion, - grâce aux mairies qui seront conquises ou par l'influence qui sera alors la nôtre au sein des prochains conseils municipaux -, d'expérimenter localement les outils pratiques de la riposte idéologique qu'il nous appartiendra de généraliser à l'échelle nationale lorsque les Français nous accorderont leur confiance en 2017.

Cette vaste entreprise de ressourcement de la société française ne prospérera ni par le truchement de la gauche institutionnelle, largement contaminée par le socialisme libertaire, ni par l'entremise de la droite parlementaire, laquelle a largement administré la preuve ces dernières années de son incapacité à s'émanciper de la tutelle idéologique de la gauche. En travaillant dès maintenant à l'effondrement électoral des frères siamois de la politique française que sont le PS et l'UMP, nous avons à bâtir avec confiance, sur les décombres de l'UMPS, une nouvelle force politique qui tendra la main en direction des patriotes de droite, aujourd'hui dispersés et désemparés, mais aussi de ceux venant de la gauche, plus nombreux que l'on ne croit, qui tous en définitive demeurent pareillement attachés à l'histoire de France, à la citoyenneté républicaine, à l'instruction, à la morale, à la famille et à la distinction des sexes.

Notre horizon politique reste donc plus que jamais celui de l'union de tous les patriotes, de droite comme de gauche ; un rassemblement des patriotes appelé plus que jamais à se construire solidement, - loin de la chimérique union des droites -, autour de la personne de Marine Le Pen, avec le Front National et le Rassemblement Bleu Marine, pour bâtir en France une force politique dominante qui incarnera durablement la souveraineté nationale, identitaire, populaire et sociale.

 

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