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vendredi, 31 juillet 2015 20:35

I want my country back

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« Plus d’Europe » : c’est le slogan politique désormais affiché par François Hollande au lendemain de l’accord ruineux signé le 13 juillet dernier à Bruxelles visant à restructurer la dette grecque. Un accord, acquis aux forceps, sous diktat allemand, qui ne résout rien : mise sous la tutelle de ses créanciers, privée de ses attributs de souveraineté, Athènes se voit imposer un programme d’austérité éminemment récessif qui ne fera qu’aggraver les vices congénitaux de son économie, sans donner la moindre perspective de sortie de crise à l’infortuné peuple grec. La situation politique est devenue intenable ! Plutôt que de prendre acte de l’échec historique de la monnaie unique et d’organiser son démantèlement concerté, François Hollande se prête à une fuite en avant idéologique en prônant, sur les pas de son père spirituel, Jacques Delors, la création insensée d’un gouvernement européen doté d’un budget spécifique et d’un Parlement !

Si cette initiative majeure devait trouver quelque écho auprès des 18 autres membres de l’Eurogroupe, le rapport de force qui oppose traditionnellement, au sein des opinions publiques européennes, les forces souverainistes aux partisans de l’intégration renforcée de la construction européenne, trouverait alors à s’exercer à nouveau, en France, sur la question référendaire. Sauf à ruiner définitivement sa légitimité politique déjà bien entamée, il appartiendrait en effet au chef de l’Etat de consulter clairement le peuple français pour toute modification significative de la gouvernance de la zone euro. Une manière de renouer en quelque sorte avec les vrais clivages politiques, dix ans après le référendum fondateur du 29 mai 2005…

Sur le front de la lutte pour la sauvegarde de notre civilisation, les enjeux ne sont pas moindres. L’impuissance de l’Union européenne à endiguer, à partir de ses côtes méditerranéennes, la submersion migratoire qui accélère le changement des peuples de notre continent et défigure les traits homogènes de notre identité culturelle, fait redouter le pire. L’impotence de l’espace Schengen remet ainsi à l’ordre du jour, avec l’urgence du rétablissement de nos frontières terrestres, aériennes et maritimes, les questionnements européens lancinants qui n’en finissent pas, décidemment, d’agiter notre actualité quotidienne ! Mis à l’épreuve du gouvernement des juges européens, - après les attaques de l’institution du mariage par la loi Taubira, en 2013 -, notre modèle anthropologique d’inspiration chrétienne est plus que jamais bousculé : c’est de Strasbourg que s’est produit, par l’entremise de la Cour européenne des droits de l’homme, avec l’affaire Lambert, l’atteinte historique portée au respect de la dignité humaine ; c’est sur le fondement de cette même jurisprudence de la CEDH que la Cour de cassation a été conduite à reconnaître en France les effets juridiques (transcription à l’état-civil) de la GPA, pourtant formellement interdite sur notre territoire. De manière plus sournoise, le gouvernement socialiste s’applique ces derniers mois, avec grande détermination, à changer en profondeur notre rapport collectif au monde : en instrumentalisant l’histoire (commémorations patriotiques, entrées au Panthéon) ou en appauvrissant notre système éducatif (suppression de l’enseignement des humanités), il épuise les ressources de notre héritage ; en banalisant la présence de l’islam en France (construction de mosquées, promotion de ses fêtes rituelles) ou en minorant le poids du christianisme dans notre espace public (affaire dite des ‘‘crèches de Noël’’, destruction d’églises), il désoriente nos concitoyens en anéantissant leurs repères. Sur le terrain des libertés, les menaces ne sont pas moins redoutables. Les Français n’ont encore pas mesuré à quel point l’adoption de la loi sur le Renseignement jetait les bases d’un Etat policier, attentatoire aux libertés publiques, qui sera bientôt capable d’assurer la surveillance de masse de nos compatriotes pour des buts légitimes (comme la lutte contre le terrorisme), mais aussi pour des motifs bien plus inavouables, tels le contrôle de la liberté d’expression sur internet. Les libertés politiques sont tout autant mises à mal : même si la dernière mouture de la réforme territoriale connaît quelques ratés, les socialistes n’ont pas totalement abandonné leur prétention liberticide visant à enchainer les libertés locales en vidant les échelons démocratiques naturels (communes, départements, Etat) de leurs compétences traditionnelles au profit de structures anonymes (communautés d’agglomérations, méga-régions, Union européenne).

Le volontarisme idéologique de la gauche, perceptible sur les questions sociétales, n’est jamais au rendezvous lorsqu’il s’agit de libérer l’énergie et les talents des Français : en matière économique (pression fiscale, professions réglementées, code du travail), sociale (priorité nationale, régimes de retraites) syndicale (question de la représentativité), éducative (transmission des savoirs de base), de liberté de pensée et d’expression (lois liberticides), les Bastilles à renverser sont pourtant nombreuses et pas si hors de portée que cela !

Souveraineté, identités, libertés, autant de thèmes d’actualité structurants qui sont au coeur même de l’action politique quotidienne du SIEL, lesquels nous conduisent au fond à répéter inlassablement, en paraphrasant symboliquement Margaret Thatcher : « I want my country back ». Présent ces derniers mois sur le terrain du débat des idées (conférences de Michel De Jaeghere, Thibault Collin, Chantal Delsol), comme sur ceux de la défense de la vie (Marche pour la vie), de la protection des Chrétiens d’Orient (manifestations de Paris et de Sarcelles), de notre mémoire collective (Charles Péguy, Jeanne d’Arc, Maréchal Lyautey), le SIEL a également multiplié les réunions publiques pour renforcer son maillage territorial (Nord-Pas de Calais, Essonne, Versailles), assisté officiellement aux manifestations de mouvements patriotes pour accroître son audience politique (Assises de la Remigration du Bloc identitaire ; premier colloque du Réveil français…) et participé au défilé du 1er mai du FN à Paris pour donner corps, avec son propre cortège, à notre alliance stratégique avec notre partenaire frontiste, tout en prenant ouvertement attache avec des personnalités de droite (Charles Million, Charles Beigbeider, Christian Vanneste…) à l’origine de la création d’un nouveau réseau politique, L’Avant-garde. Ces initiatives politiques ont été conduites avec transparence, en gardant à l’esprit la mission essentielle du SIEL : assurer le développement d’une formation politique authentiquement de droite capable, dans la perspective des élections présidentielles de 2017, de jeter les bases d’un rassemblement patriotique à vocation majoritaire qui irait des rives des Républicains à celles du FN, tout en portant fidèlement son credo idéologique singulier (Souveraineté, Identités, Libertés) au sein du Rassemblement Bleu Marine. Durant le semestre à venir, s’appuyant sur un appareil solide et des forces militantes enthousiastes, le SIEL a l’ambition d’amplifier partout son action politique, en étendant son implantation en province, en organisant des manifestations de portée nationale mais aussi en accroissant le nombre de ses élus, notamment dans la perspective des élections régionales de décembre prochain.

Sur ce dernier point, les tensions politiques de ces dernières semaines qui agitent malheureusement le FN, ont conduit à l’ajournement des Commissions nationales d’investitures de l’ensemble des candidats pressentis, dont ceux du SIEL : celles-ci devraient reprendre dès la rentrée prochaine. Tout en nous gardant d’exprimer la moindre manifestation d’ingérence dans son fonctionnement interne, nous souhaitons sincèrement au Front National de trouver, avec confiance et sérénité, les ressources nécessaires pour préserver son unité politique, intensifier sa dynamique militante et accroître son rayonnement idéologique auprès des Français.

Que ces quelques semaines de trêve estivale qui nous séparent de la rentrée soient profitables à chacun d’entre vous et vous permettent, seul ou auprès de vos proches, de recouvrer l’énergie physique, morale et spirituelle nécessaire pour continuer à oeuvrer ensemble pour le bien de la France et la prospérité de notre peuple.

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Karim Ouchikh

Président du SIEL,
Conseiller municipal et d’agglomération de Gonesse,
Conseiller régional Ile-de-France.

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