Imprimer cette page
jeudi, 12 novembre 2015 20:45

Retraites complémentaires : et les robots, dans tout ça ?

Écrit par 

A partir de 2019, les personnes prenant leur retraite dès qu’elles auront obtenu les conditions pour partir à taux plein (âge légal et nombre de trimestres) subiront un malus de 10 % pendant 3 ans. Celui-ci s’annulera si la personne continue de travailler pendant un an, puis sera porté à 10, 20 ou 30 % en cas d’activité prolongée pendant 2, 3 ou 4 ans.

Voilà une réforme qui va creuser l’écart entre le régime des retraites du secteur privé et celui des fonctionnaires. On voudrait monter les uns contre les autres qu’on ne s’y prendrait pas mieux. D’autre part, personne ne touche au dossier explosif des régimes spéciaux, de peur de faire descendre dans la rue des millions de gens.

La double peine que représente cette réforme devient insupportable pour la majorité des travailleurs du secteur privé : travailler plus pour gagner moins. La culpabilisation du travailleur « fainéant », par l’emploi du mot « malus », s’ajoute au triste sort qui lui est réservé. Un demandeur d’emploi sur trois a plus de 50 ans. Qui peut donc croire qu’en allongeant la durée du travail on s’affranchira de ce fléau endémique qu’est le chômage ?

Mais on oublie aussi un autre phénomène aggravant : la robotisation ! Depuis quelques dizaines d’années, les robots sont entrés dans les usines pour effectuer des tâches répétitives, fatigantes ou dangereuses. Je dirais que c’est le bon côté de la robotique qui soulage l’ouvrier sans le remplacer. Mais aujourd’hui, la recherche se concentre sur ce qu’on appelle le « robot humanoïde », celui qui est capable, non seulement de répéter des gestes programmés par le roboticien, mais aussi de modifier, optimiser ses mouvements en fonction de l’environnement et d’événements extérieurs. On appelle cela l’intelligence artificielle. Et voilà qu’apparaissent des robots à l’accueil de certains hôtels japonais ou remplaçant des ouvriers dans certaines industries. L’avantage, c’est que le robot travaille 24h/24, n’est jamais malade, n’est pas syndiqué (donc jamais en grève) pour un coût inférieur à celui d’un ouvrier sur un an.

Alors que va devenir le salarié lambda dans dix ans ? Qui va payer sa retraite ? Le robot ?

Il est probablement temps de se pencher sur la question globale du travail et de la retraite et d’anticiper les problèmes qui se poseront quand les robots feront totalement partie de notre quotidien. Certains suggèrent le « salaire de base ». À réfléchir…

Informations supplémentaires

Lu 2058 fois
Xavier Jesu

Délégué régional Nord-Pas-de-Calais - Picardie

Derniers textes de Xavier Jesu