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lundi, 30 novembre 2015 20:51

Karim Ouchikh s'adresse à Viktor Orbán dans une tribune parue dans le journal hongrois Magyar Hirlap

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Lettre ouverte à Viktor Orban

Monsieur le Premier Ministre,

Le 7 novembre dernier, près d’un millier de Français se sont rassemblées pacifiquement aux abords de l’ambassade de Hongrie à Paris pour vous témoigner du soutien du peuple français à votre politique courageuse, injustement fustigée par la Commission de Bruxelles depuis plusieurs mois.

Que vous reproche-t-on au juste ? Les réformes de la justice, des médias et de l'économie que vous avez engagées depuis votre arrivée au pouvoir en 2010, qui sont jugées liberticides tant par votre opposition intérieure que par vos adversaires à l'étranger. Votre volonté de rouvrir dernièrement, au nom de la liberté d’expression, le difficile débat sur la peine de mort, abolie dans votre pays en 1990. Vos propos récents qualifiant ‘‘d’absurde" le projet de la Commission européenne visant à instaurer des quotas nationaux pour répondre à l'afflux de migrants et de demandeurs d'asile… Tout cela sans doute à la fois.

Mais ce que la nomenklatura bruxelloise vous reproche avant tout, c‘est bien votre farouche détermination à ne jamais vous en laisser compter, à ne jamais vous plier à la doxa européiste, à ne jamais faire passer les intérêts des lobbies libéraux-libertaires qui pullulent aux abords de Berlaymont avant ceux de votre peuple.

A Bruxelles comme dans les chancelleries, les donneurs de leçons devraient pourtant ne pas oublier que vous êtes revenu au pouvoir, le 29 mai 2010, après avoir obtenu une confortable majorité au Parlement à l'occasion des législatives de 2010 et que votre politique conservatrice a été depuis largement plébiscitée aux élections législatives d’avril 2014, lors desquelles votre formation politique, le Fidesz, a conservé la majorité qualifiée. Pour mener à bien votre politique, vous disposez donc incontestablement de la légitimité démocratique, celle tirée des urnes, laquelle vous dispense dès lors de céder aux oukases intolérables de ceux qui prétendent, comme Jean-Claude Juncker, « qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »

Le parti que j’ai l’honneur de présider, - SIEL (Souveraineté, Indépendance et Libertés) -, s’applique à restaurer la souveraineté de la France, largement transférée à Bruxelles au fil d’une politique de renoncement qui a conduit les gouvernements de droite comme de gauche, depuis près de trente ans, à sacrifier l’indépendance monétaire, territoriale, normative et budgétaire de notre pays sur l’autel des chimères européistes. Les patriotes français, si puissamment attachés à la défense des valeurs charnelles de notre civilisation, ne peuvent ainsi que vous encourager à persévérer dans la conduite d’une politique exemplaire qui se soucie avant tout d’imposer la primauté de votre droit sur les normes européennes, de maitriser les flux migratoires qui déstabilisent considérablement le quotidien des Hongrois et d’honorer le peuple magyar en réhabilitant une histoire illustre qui fut tant malmenée depuis le douloureux traité de Trianon.

Même si nous mesurons chaque jour les limites d’un volontarisme politique qui aspirerait à modifier, au sein de l’Union européenne, des rapports de forces largement conditionnés par des institutions fossilisées et des normes que nous jugeons guère réformables de l’intérieur, vous pouvez compter sur notre soutien à votre courageuse politique.

Quelles que soient les difficultés rencontrées, l’Histoire nous donne raison chaque jour, au gré des scrutins qui égrènent l’actualité politique européenne de ces dernières années : à l’évidence, nous sommes de plus en plus nombreux, parmi les Vingt-Huit, à œuvrer patiemment à la construction d’un nouveau modèle européen -, alternatif au processus actuel d’intégration autoritaire -, qui serait enfin respectueux de la souveraineté des Etats et des identités des peuples qui composent notre continent. Loin des faux-procès et des clichés qui voudraient disqualifier l’action de nos mouvements politiques en enfermant celle-ci dans une posture frileuse de repli sur soi, il nous faut agir ensemble, en France, en Hongrie comme partout ailleurs, pour défendre et promouvoir cette nouvelle espérance européenne.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’assurance de nos sentiments respectueux.

Karim Ouchikh
Président du SIEL

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Karim Ouchikh

Président du SIEL,
Conseiller municipal et d’agglomération de Gonesse,
Conseiller régional Ile-de-France.

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