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jeudi, 04 mai 2017 17:19

Le vote du 7 mai, un choix de civilisation : avec Macron, la France sort de l’Histoire, avec Marine Le Pen, notre pays restaure sa grandeur !

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Dès le 24 avril, vous avez appelé à « faire barrage à Macron ». En quoi vous paraît-il si dangereux ?

Je ne peux me faire à l’idée que le candidat de La City, de l’UOIF et du Planning familial puisse s’installer aussi aisément à l’Elysée pour imposer à nos compatriotes une terrible politique libérale-libertaire, selon un agenda caché qui lui sera directement dicté de Berlin et de Bruxelles. Il est tout de même assez extraordinaire de constater que cet individu, parfaitement inconnu du grand public voici à peine trois ans, a réussi une extraordinaire OPA sur la vie politique française : pareil ‘‘succès’’ doit beaucoup à la puissance des intérêts médiatico-financiers qui se sont largement coalisés pour miser sur sa candidature. S’il devait l’emporter au soir du 7 mai, le Système lui présenterait très vite la facture….


Dans le même communiqué, vous avez également appelé à effectuer un vote positif, c’est-à-dire à voter pour Marine Le Pen et cela « sans hésitation ». Pourquoi n’y a-t-il pas à hésiter ?

Nul n’ignore l’intensité des désaccords qui m’opposent au FN sur bon nombre de sujets qui structurent le débat public : sur le maintien indispensable à mes yeux de la France dans une Union européenne et une zone euro pareillement refondées ; sur la priorité à accorder à la lutte contre le Grand remplacement ; sur la nécessité de mettre un terme à l’islamisation de la France ; sur le combat à mener pour recouvrer toutes nos souverainetés, y compris notre souveraineté identitaire; sur l’absolue nécessité de rétablir nos comptes publics en libérant les énergies des forces vives de la Nation et en recentrant l’Etat sur ses compétences régaliennes… En faisant le choix d’appeler à voter Marine Le Pen, je fais abstraction de mes réserves de fond, car seul l’intérêt supérieur du pays me guide. Marine Le Pen incarne un volontarisme politique dont Emmanuel Macron est totalement dépourvu et elle présente un programme qui est le moins éloigné de la ligne politique du SIEL. En réalité, nous sommes aujourd’hui confrontés à un choix de civilisation : avec Emmanuel Macron, la France roule à grande vitesse vers l’abîme et sort à coup sûr de l’Histoire ; avec Marine Le Pen, la France entre en résistance contre les puissances de l’argent et garde toutes ses chances de retrouver sa grandeur perdue. Devant pareille alternative, l’hésitation n’est pas de mise, ce qui me conduit aussi à refuser absolument la politique du Ni-Ni, cette fausse position de compromis qui est au fond l’autre visage du renoncement….


Vous savez que de nombreux électeurs de François Fillon hésitent à apporter leur voix à Marine Le Pen en raison de son programme économique comme de ses positions sur l’UE et sur l’euro, se sentant finalement plus proches, sur ces plans, du discours porté par Emmanuel Macron. Que leur diriez-vous ?

J’appelle les électeurs de François Fillon à ne pas se tromper d’échéance politique. L’élection présidentielle doit permettre à nos compatriotes d’éliminer Emmanuel Macron et donc d’éviter ce danger mortel pour la France que représente un quinquennat directement piloté par Merkel. Mais mon vote pour Marine Le Pen ne sera pas pour autant un chèque en blanc. Avec d’autres, j’entends affirmer que la France ne pourra être gouvernée demain sur une ligne exclusivement nationale-républicaine au plan politique, jacobine au plan institutionnel et colbertiste au plan économique. La France doit rompre avec le déclassement international qu’elle subit en forgeant une politique de puissance planétaire ; elle doit aussi redéfinir son modèle de société en lui réinsufflant un supplément d’âme ; elle doit enfin admettre que la protection légitime des plus faibles ne pourra s’organiser sans parier aussi bien sur la vitalité économique de nos entreprises que sur les ressources infinies de nos corps intermédiaires (familles, associations…). Tel sera l’enjeu des élections législatives qui seront l’occasion d’envoyer au Palais Bourbon des députés capables d’orienter la future politique présidentielle : en présentant partout en France des candidats aux législatives, le SIEL entend ainsi proposer aux électeurs un projet clairement souverainiste, conservateur et libéral, en occupant l’espace politique de la vraie droite, - celle des convictions et des valeurs -, qui le situe depuis toujours entre LR et le FN.


Ne ressentez-vous pas quelque amertume de voir que Nicolas Dupont-Aignan serait le premier ministre de Marine Le Pen si celle-ci venait à être élue ?

Je n’entretiens franchement aucune amertume à l’égard de quiconque car je n’ai jamais postulé à cette responsabilité gouvernementale, pas plus qu’à une autre d’ailleurs, y compris en me rasant le matin... Plus sérieusement, j’ai salué sans la moindre hésitation le ralliement de Nicolas Dupont dans l’entre-deux tour, un choix à la fois lucide et courageux. Mais en matière de discernement politique, je revendique une certaine antériorité puisque le soutien du SIEL à la candidature de Marine Le Pen a été officialisé dès novembre 2016 ! Et dans l’histoire de la vie politique française, DLF restera objectivement le deuxième parti à avoir accepté une alliance politique avec le FN, après celle qui fut nouée de manière inédite par le parti frontiste avec le SIEL en avril 2012.

Afin de consolider de son socle politique, Marine Le Pen aura tout intérêt à élargir sa future majorité présidentielle, au-delà du tête-à-tête actuel avec Nicolas Dupont-Aignan, en s’entourant des forces politiques qui représentent toutes les sensibilités patriotes. La ligne néo-chevènementiste est déjà incarnée avec Florian Philippot au sein du FN et la sensibilité gaulliste l’est désormais avec Nicolas Dupont-Aignan. Il appartiendra à la future présidente de la République de faire appel à ses côtés à celles et ceux qui expriment, de Marion Maréchal- Le Pen à Philippe de Villiers, une vision du monde plutôt libérale- conservatrice, souvent désignés par l’appellation de catho-identitaire : je revendique naturellement mon appartenance à cette sensibilité politique et exprime la disponibilité du SIEL à participer à une future majorité présidentielle conduite par Marine Le Pen, sur la base toutefois d’un accord programmatique clair reposant sur un respect mutuel sincère.


Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, comment voyez-vous l’avenir pour le SIEL ?

A l’image du Fidesc en Hongrie, de l’UDC en Suisse, du PiS en Pologne ou du parti Tory en Grande-Bretagne, le SIEL incarne parfaitement en France ce courant conservateur-libéral qui souffle partout en Europe à mesure que se multiplient les points de fixation identitaire sur notre continent (chaos migratoire, expansion de l’islam, phénomène de dépossession identitaire…) : le SIEL exprime tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, sur les sujets tabous en France mais ouvertement abordés à l’étranger (islam, racines chrétiennes de la France….). Le SIEL, c’est donc la droite de tous les courages qui n’hésite pas à se démarquer de la droite de toutes les lâchetés, pour mieux s’opposer aux forces du chaos.

Sur l’échiquier politique français, le SIEL demeure le seul parti capable de parler aussi bien à la droite républicaine (DLF, PCD, CNIP, MPF…) qu’à la droite nationale (FN, Comités Jeanne, PDF, Civitas…). Ce positionnement singulier en fait à coup sûr un acteur central, pour le présent comme pour l’avenir : lancer des passerelles plutôt que de bâtir des murs entre les différentes composantes de la droite française, n’est-ce pas là un rôle politique éminent qu’il importe d’encourager ! Dans le débat public comme dans les scrutions électoraux à venir, il faudra donc compter sur le SIEL dans les mois et années à venir.


Pensez-vous que la recomposition des droites, si souvent évoquée, va finir par avoir lieu ?

Un Big-Bang politique s‘annonce inévitablement, au lendemain des scrutins de la présidentielle et des législatives. LR va bientôt sortir à ses dépens de l’ambiguïté idéologique permanente et de ses querelles perpétuelles de leadership : un bloc de droite authentique va probablement quitter ce parti ces prochains mois, autour de personnalités courageuses comme Henri Guaino, Thierry Mariani ou Nicolas Dhuicq, pour se chercher un nouveau ‘‘port d’attache’’. De même, si un espace politique de droite ne se dégage pas rapidement au sein du FN, certains militants et cadres chercheront ailleurs la cohérence entre leurs idées et leurs engagements politiques. Entre ces deux mastodontes politiques, beaucoup d’excellentes personnalités se déclarent plus que jamais orphelines d’un parti véritablement de droite, de Christian Vanneste à Charles Beigbeider en passant par Robert Ménard.

Ayant participé activement aux Journées de Béziers en mai 2016 et, depuis lors, à la structuration de la ‘‘droite hors les murs’’, le SIEL a l’ambition d’être à la fois le catalyseur de ces forces dispersées de la vraie droite et l’épicentre de la recomposition de cet espace politique : je plaide ainsi pour la création d’une UDI patriotique, c’est à dire d’une confédération de forces et personnalités politiques qui conserveraient leurs autonomie et leurs identités propres, tout en créant des espaces de synergie politiques et idéologiques. A mes yeux, cette force aurait un potentiel électoral inouï.

Après un inévitable temps de pause politique, cet été, consécutif aux scrutin de ce premier semestre, les grandes manœuvres s’organiseront probablement à l’automne. La recomposition de la droite est inévitable car elle est inscrite dans les étoiles…

propos recueillis par Marc Bertric
Minute, 3 mai 2017

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Karim Ouchikh

Président du SIEL,
Conseiller municipal et d’agglomération de Gonesse,
Conseiller régional Ile-de-France.

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