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mercredi, 19 juillet 2017 15:16

Soutien au Général De Villiers, pour une défense crédible !

Écrit par  Cyril Giraud - Délégué SIEL des Deux-Sèvres

La démission du Général Pierre de Villiers, de son poste de chef d'état-major des armées, n'est que le premier acte de la rupture à venir entre militaires et président de la République. D'un côté des hommes et femmes qui vouent leur vie à la défense de la nation et pensent à son avenir, de l'autre un comptable tatillon dont l'horizon se limite au critère européen des 3% du PIB de déficit !! C'est également la fin des fausses promesses du candidat Macron avec un budget de la Défense dans lequel le nouveau président commence à effectuer des coupes claires au lieu de respecter son engagement de campagne de le porter à 2% du PIB !

En la matière Macron se révélera sûrement comme le manipulateur qu'il est. Le budget actuel de la défense représente 1,96% du PIB avec le budget des anciens combattants et celui des pensions. Si l'on retire ces deux lignes budgétaires il ne représente plus que 1,48% du PIB. Dans l'esprit de tous c'est ce dernier chiffre qu'il faut porter à 2%, mais dans celui retors d'un banquier nul doute que c'est le premier qu'il retiendra ; pouvant ainsi se targuer à la fin de son mandat d'avoir respecté son engagement tout en se voilant la face sur l'état de décrépitude avancé dans lequel il aura laissé la Défense et la France !!

Les 850 millions d'euros d'économie sur le budget de la défense 2017 annoncé par le premier ministre correspond au seul déficit sur le financement des opérations extérieures (Opex) qui, budgétées à 450 millions d'euros coûteront finalement pour cette année 1,1 milliards d'euros. Ces économies seront faites sur les crédits d'équipement en reportant des commandes prévues (car nécessaires) aboutissant à une usure encore plus importante des matériels anciens et à un étalement des livraisons des nouveaux matériels devant leur succéder. Prenons le Véhicule Blindé Multi Rôle (VBMR) Griffon, qui est apparu au défilé du 14 juillet cette année, destiné au remplacement du quarantenaire Véhicule de l'Avant Blindé (VAB). Les premières livraisons de ce véhicule sont attendues l'an prochain mais les réductions et étalements des commandes font que le vénérable VAB sera toujours en service en 2030, plus de cinquante ans après son arrivée dans l'armée française !! Dans le même temps les militaires se plaignent sur le terrain de devoir maintenir l'illusion avec des déficits importants en équipements usés et rafistolés avec les moyens du bord...

Quand Macron annonce une hausse de 1,5 milliards d'euros du budget des armées pour 2018 là encore il maintient l'illusion !! Si on y retranche les 850 millions d'économies sur les crédits équipement 2017, qu'il faudra bien reporter sur l'an prochain, cette hausse n'est plus que de 650 millions d'euros. Ajoutez ces 650 millions aux 450 budgétés pour 2017 au titre des opex et vous atteignez le coût réel de ces dernières pour 2017. Au final il n'y a aucune hausse du budget des armées, juste un étalement et une prise en compte du coût réel des opex !

Maintien en condition et renouvellement des équipements conventionnels, modernisation de l'outil de dissuasion, engagements intérieurs (Sentinelle) et extérieurs, éventuel rétablissement d'un service national militaire, études pour un nouveau porte-avions destiné au remplacement du Charles de Gaulle à l'horizon 2041, remplacement du Rafale qui la même année fêteront le 50e anniversaire du premier vol de son prototype... ce n'est pas en rognant sur le budget de la défense que la sécurité des français sera assurée mais au contraire en consentant un effort financier réel pour celui-ci avec une hausse minimale de 2,5 milliards d'euros par an pour aboutir à un budget de la défense à 2% du PIB (hors pensions et anciens combattants).

Le Général de Villiers a eu raison de lancer devant l'Assemblée « Je ne me laisserai pas baiser comme ça ! » et le SIEL ne laissera pas Macron et ses séides « baiser » la défense et la sécurité de la France !!

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