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mercredi, 13 septembre 2017 19:21

Irma : le témoignage d'un Saint-Martinois

Écrit par  Bernard Calujek, délégué départemental SIEL de la Marne

Comme vous tous, je suis très affecté par les évènements qui ces derniers jours, ont frappé nos compatriotes de Saint-Martin. Quelques témoignages sur les réseaux sociaux m’interpellent quant au manque de réactivité des pouvoirs publics français tandis que d’autres dénoncent en plus de cette situation d’urgence, un climat d’insécurité sans précédent.

Par soucis de clarté sur l’exactitude des faits, j’ai entrepris de contacter le Docteur Vic Baranès, témoin direct du passage de la tempête Irma et éditeur de vidéos sur l’évènement, avec qui je me suis entretenu de longues minutes au téléphone afin de recueillir le maximum d’informations.

Le SIEL et moi-même respectons à la volonté du Docteur Vic Baranès de n’être assimilé à aucune formation politique et confirmons qu’aucun lien de cet ordre ne lie les deux parties. Je remercie l’ensemble des témoins qui nous ont informé par les réseaux sociaux, entre autres le Docteur Vic Baranès pour sa vidéo ci-jointe et la richesse des informations qu’elle contient. C’est depuis l’un de ces hôtels le long des pistes de l’aéroport Princess Juliana, en zone néerlandaise, que notre témoin a vécu le passage de la tempête Irma.

Dans cette partie de l’île de Saint-Martin les secours ne se sont pas fait attendre puisque dès le lendemain du passage d’Irma, a été constatée l’arrivée de nombreux navires escortés par des avions quadrimoteurs, dont la plupart sont de modèle américain. Durant 4 jours ces avions n’ont eu cesse de faire des allers-retours pour évacuer les habitants.

En plus du couvre-feu instauré en amont de l’évènement climatique, c’est un contrôle total de la situation qui s’est opéré sur l’ensemble du territoire néerlandais.

Deux jours après le passage dévastateur d’Irma, le Docteur Vic Baranès a tenté de rejoindre la partie française de l’île mais à peine arrivé à Marigot il fut contraint de rebrousser chemin sous peine de devoir affronter une horde d’individus armés de machettes, finissant de piller le supermarché du coin. Une véritable scène de Guérilla urbaine !

Hier, lundi, depuis l’aéroport Princess Juliana les secours évacuaient les habitants disposés par files, une pour les habitants, l’autre pour les touristes étrangers. Les français ont été conduits par l’armée de l’air vers un hôtel en Martinique où ils ont été très bien accueillis par le propriétaire qui leur a offert de quoi se restaurer et se loger. Certains ont réservé un billet vers la Métropole, à destination de Paris, sur le vol programmé en date du 15 septembre. L’avion a finalement été reporté au 18 septembre. Air France n’a fourni aucune information concernant cette annulation de dernière minute ni même n’a mis en place de cellule psychologique. Les rapatriés ont été renseignés comme de simples clients de la compagnie et tout bonnement invités à faire leur réclamation en ligne.

Du côté néerlandais l’organisation fut exemplaire. La partie française elle, sombrait dans le chaos, avec d’un côté des bandes armées et de l’autre les occupants des maisons ayant résisté, qui se calfeutraient chez eux en attendant qu’on vienne les sauver.

Toujours du côté français, une information surprenante incrimine le préfet de Guadeloupe, Jacques Billant, lequel aurait donné l’ordre selon quelques témoins, d’ouvrir les portes de la prison d’où 250 à 350 détenus auraient pris la fuite en direction de la partie néerlandaise. D’après ce qu’il se dit, cette consigne aurait été donnée avant l’arrivée de la tempête pour ne pas risquer la vie des prisonniers.

Ont été interdit tous les décollages d’avions de tourisme depuis l’aéroport « Grand-Case Espérance » de Saint-Martin. Seule la compagnie Air Antilles et ses bimoteurs de modèle ATR (72/78 passagers) et (42/48 passagers) ont pu décoller. Précision : la piste ne fait que 1200 mètres et ne peut donc recevoir que des avions de taille moyenne.

Les données météorologiques françaises et américaines concernant Irma étaient identiques alors que celles annonçant la seconde, baptisée José, ne concordaient pas du tout, notamment sur sa trajectoire. Il se pourrait aux dires de certains témoignages, que le Gouvernement Français aurait prétexté le passage de José sur l’île pour justifier le retard de son intervention.

Côté néerlandais on déplore pour l’instant 160 victimes au moins, alors que côté français nous n’en n’aurions que 8… ?

Le vent soufflait à plus de 300 km/h, des rafales ont même été enregistrées à 367 km/h, 95% des habitations sont détruites, seules celles en béton ont tenu. Est-il possible que des habitants tels des bâtiments de plusieurs dizaines de tonnes aient résisté contre vents et marées à Irma alors que leurs habitations étaient balayées d’un seul souffle ? Et si tous les habitants avaient été emportés en même temps que leurs maisons de fortune, aurions-nous vraiment que 8 victimes à déplorer ?

Quant au silence de Madame Anne Laubiès, Préfète déléguée de Saint-Martin, et à celui de son équipe à propos de sa présence ou non au moment du passage de la tempête, il laisse planer le doute d’une fuite immédiate, qui si elle était avérée, caractériserait un abandon total de ses responsabilités.

Au vu des nombreux témoignages appuyant les dires de cette vidéo, l’ouverture d’enquêtes parlementaires s’impose.

1/ Le Gouvernement français a-t-il failli à son devoir de protection de la population ?

2/ Les fonctions des responsables politiques concernés doivent-elles être remises en question ?

Le SIEL s’associe à la douleur des Saint-Martinois et les assure de tous ses vœux d’encouragement.

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