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jeudi, 14 septembre 2017 17:15

Aujourd’hui la PMA pour tous, et demain... des enfants sur mesure ?

Écrit par  Julien Havasi, délégué regional SIEL Grand Est

La PMA (Procréation Médicalement Assistée), cette pratique qui consiste par diverses techniques à contourner les lois de la nature et ainsi, développer une grossesse dans le corps d’une femme sans passer par la case copulation.

Il existe plusieurs angles d’attaque pour s’opposer à ce projet de loi, lequel vise à rendre légale ”la PMA pour tous” dès 2018 en France. Les arguments peuvent être d’ordre éthiques (1), religieux (2) ou encore politiques (3).

Les partisans de la PMA assureront que c’est au nom d’une lutte contre les discriminations qu’il faut étendre aux femmes lesbiennes cette pratique aujourd’hui tolérée chez les couples hétérosexuels.

Il y a certes une forme de différence de traitement puisque la PMA est autorisée aux femmes hétérosexuelles et refusée aux femmes lesbiennes, en même temps la loi n’a pas à s’immiscer dans la procréation, elle relève du naturel et de la liberté individuelle. Aucune loi n’interdit à une femme lesbienne de copuler avec un homme quelconque, il ne leur est pas interdit d’être maman mais d’avoir recours à la PMA et ce, pour des raisons d’éthiques essentiellement.

Cette réflexion repose sur des sentiments émanant de divers points de vue philosophiques, ce n’est en aucun cas une missive anti-homosexuels. Il n’est fait aucun appel à la violence, à la discrimination ou à la haine en raison des orientations sexuelles de chacun.

- Article 11 de la déclaration de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».

- Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme: “1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière.”

D’un point de vue éthique :

Un enfant issu de la PMA, est une personne née d’une maman lesbienne et d’un père inconnu, pour ne pas dire d’une semence obtenue de manière distinguée (ironie) et conservée dans une seringue congelée !

Que la nature est belle…

Il est évident que ces enfants seront les fruits de rapports charnels, complices et d’amours inaltérables. L’enfant se sentira transporté lorsque sa maman lui racontera dans quelles circonstances elle a connu son papa.

Il est important de souligner le fait que très souvent, les femmes de sexualité lesbienne se revendiquent féministes (à leur sauce) et se montrent particulièrement hostiles à tout ce qui a attrait à la masculinité, qu’elles considèrent comme une virilité archaïque… alors que nombreuses d’entre elles cherchent à ressembler aux hommes !

Par conséquent quelques questions évidentes doivent nous tarauder l’esprit :

1) Il y a-t-il un risque qu’une maman lesbienne et hostile à la masculinité, par ses prises de position, ses considérations et ses remarques, influence le devenir du garçon qu’elle a mis au monde par le biais de la PMA ?

2) A qui un garçon peut-il s’identifier lorsqu’il grandit avec deux mamans dont l’une n’est qu’administrative ?

3) Quel est l’impact sur une personne lorsqu’elle apprend qu’elle est issue d’une PMA ?

4) N’y a-t-il pas un risque qu’une mère lesbienne et féministe reporte sur son enfant sa haine des hommes ?

5) Les extrémistes, partisans de la PMA ont-ils la même considération pour ces enfants qui en sont issus et qui aujourd’hui souffrent de plusieurs maux comme l’absence d’identification du géniteur, un sentiment d’injustice, le mal-être face aux médecins qui demandent les antécédents familiaux, les remarques sur les ressemblances avec untel, l’interrogation quant au visage du donneur et s’il est toujours en vie ?

De plus, on choisit en principe de s’unir avec une personne pour laquelle on a un minimum d’attirance physique, sauf dans le cas de la PMA.

En répondant avec bon sens à l’ensemble de ces questions nous pouvons conclure qu’il s’agit d’une volonté égoïste d’avoir des enfants de la part des femmes lesbiennes et qu’aucune considération n’est faite sur les souffrances psychologiques de l’enfant dans son devenir. Cela relève du fantasme et ne doit en aucun cas franchir cette barrière morale.

D’un point de vue religieux :

Certes, nous sommes dans un état laïque mais nous ne pouvons ignorer l’essence de la religion au sein de notre culture, de nos mœurs et de la conception de la vie. « Un enfant n’est pas un dû et ne peut être considéré comme un objet de propriété : il est un don » !

« La stérilité physique peut être l'occasion pour les époux de rendre d'autres services importants à la vie des personnes humaines, comme par exemple l'adoption, les formes diverses d'œuvres éducatives, l'aide à d'autres familles, aux enfants pauvres ou handicapés (…) chaque embryon doit être considéré et traité comme une personne humaine dans le respect de son éminente dignité. On doit donc reconnaître à l'enfant qui doit naître, et à partir du premier moment de la conception, les droits humains fondamentaux, et en premier lieu celui à la vie, qui ne peut être violé dans aucun cas (…) L'interdiction morale demeure même dans le cas où la poursuite de la grossesse comporterait un risque pour la vie ou la santé de la mère et des autres frères jumeaux. Il n'est pas permis en effet de faire le mal, pas même en vue de la réalisation d'un bien ». (Jean Paul II, encyclique Evangelium vitae, 57)

D’un point de vue politique :

Une loi n’est jamais que l’étape d’un long chemin spirituel…

Hier était mal perçu le fait d’avoir un enfant hors mariage, aujourd’hui on parle d’avoir des enfants sans copulation et demain… établiront-ils des normes et tout un commerce autour des embryons ?

Allons au-delà de leur revendication actuelle, poussons leur raisonnement à l’extrême, à l’image de leur philosophie.

Pourquoi les femmes ayant recours à la PMA ne pourraient-elles pas connaitre l’identité du donneur ?

Pourquoi ces femmes ayant connaissance de l’identité du donneur ne pourraient-elles pas le choisir selon des critères personnels (physique, intelligence, ethnie…) ?

Pourquoi les femmes ayant le droit de choisir le donneur en raison de ses caractéristiques ne pourraient-elles pas demander ses antécédents médicaux ?

Pourquoi une fois que les femmes ayant recours à la PMA connaitraient les antécédents médicaux du donneur, l’État ne pourrait-il pas intervenir au nom des droits de l’enfant, dans le choix des prétendantes ?

Une fois que l’État aurait son mot à dire sur les risques médicaux liant le donneur à l’enfant, pourquoi ne pourrait-il pas imposer des normes ?

Une fois que des normes sélectives seraient instaurées, pourquoi l’État ne pourrait-il pas donner ou retirer leur agrément aux divers spécialistes de la PMA ?

Pourquoi ne pas privatiser la PMA pour mettre en concurrence les divers « opérateurs » ?

Pourquoi les « opérateurs » évoluant en raison de cette mise en concurrence, ne proposeraient-ils pas des « garanties santé » pour attirer la clientèle ?

Cette éventualité n’est que la suite logique de leur philosophie sur la PMA. Il n’y a aucune autre issue envisageable pour la PMA, c’est un cheminement évident qui correspond à leurs définitions de la discrimination.

Souhaitez-vous que dans quelques années les laboratoires Sanofi proposent un enfant garanti 50 ans sans risque cardio-vasculaires alors que Bayer assurerait 70 ans sans la maladie de Parkinson ? Les “professionnels de la PMA” pourraient vous proposer un catalogue avec un prix de base puis des options, allant jusqu’à choisir en fonction de vos moyens des garanties santé, la couleur des yeux, la morphologie et d’autres critères, faisant de l’enfant un objet de consommation ou de mode.

Pourquoi, une fois que des laboratoires garantiront des enfants sains, beaux et dociles ne pas interdire la procréation naturelle qui apporterait son lot de maladies et complications ?

Une loi n’est jamais que l’étape d’un long chemin spirituel… La PMA en est-elle une parmi celles qui mèneront au commerce des embryons sur mesure ?

D’autant plus que l’aspect commercial de la pratique pourrait prendre vie très rapidement, avec celles qui se porteraient volontaires pour la GPA (Gestation Pour Autrui), pratique qui consiste pour une femme à prêter son vente à un couple stérile et à lui vendre l’enfant qui naîtra.

Bientôt, certains enfants pourront se comparer les uns aux autres en termes de prix.

NON A LA PMA POUR TOUS !!!

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