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vendredi, 03 novembre 2017 17:49

La Croix de Ploermel

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Le Conseil d’Etat faisant écho aux détracteurs ‘‘libres penseurs’’ – les adoubant en quelque sorte – a ordonné de détruire la croix surmontant la statue du pape Jean-Paul II à Ploermel, sous prétexte qu’elle est un symbole chrétien. Or le Conseil d’Etat dans sa décision, faignant d’ignorer l’apparition de ce symbole six siècles avant l’avènement du christianisme, occulte la permanence de l’imaginaire humain à travers les peuples et les âges. Ajoutons que la croix est la représentation universelle des quatre points cardinaux. Remarquons qu’à Ploermel nous sommes sur le territoire où se déroule l’épopée de la légende arthurienne, l’antique forêt de Brocéliande, là où est immergée Excalibur. La dimension spirituelle de l’épée n’échappe à personne. Elle est pourtant représentée, et présente sur la voie rapide qui mène de Rennes à Lorient sans qu’aucun penseur n’ait demandé son extraction… pour l’instant. On le voit bien, à travers cette décision des sages c’est bien la culture bretonne et ses traditions qui sont visées. Car il y a aujourd’hui sous prétexte de la nouvelle religion que l’on nomme mondialisation, chère au Connétable, toute une entreprise sournoise d’éradication des racines dont l’existence même menace et retarde l’apparition de l’homme hors sol et nouveau dans les régions. Que doit-on craindre : que cette première décision ne conduise via une jurisprudence à la judiciarisation de la présence jugée contraire aux principes de la Loi de 1905 des monuments chrétiens tels les croix (Kroas) des chemins, les menhirs et dolmens christianisés ? Tels devraient en être aussi des calvaires, églises et chapelles qui devraient être progressivement dé-sanctuarisés puisqu’ils appartiennent au domaine public communal ?

Nous n’irons pas jusqu’à penser que cette maladresse à deux semaines de la récollection annuelle qui veut que la population retrouve les tombes de ses aïeux surmontées de croix est de nature à provoquer l’imaginaire breton et son ressentiment envers le pouvoir parisien.

Mais quand même : reconnaissons que les sujets de la duchesse Anne ont de quoi se rebeller avant qu’il ne soit trop tard pour la survie de leur identité. Doué ha mem Bro

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Alain Rousseau

Délégué régional SIEL Bretagne

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