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vendredi, 26 janvier 2018 18:04

Faut-il redouter la fin de la construction de navires militaires de hauts rangs en France ?

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La déconstruction du vieux portique de 405 tonnes (dont le coût pourrait être habilement couvert par le produit de la revente des éléments cuivreux ou ferreux) sonne la fin du rôle d’assembleur final du port militaire de Brest, là où convergeaient les anneaux entièrement équipés constituants les éléments des bâtiments de fort tonnage, construits qui à Lorient ou Cherbourg qui à Indret ou Saint Nazaire, voire aux fonderies de Ruelle.

Nous savions bien depuis le départ de DCNS du giron de l’état, que l’entreprise devrait se subvenir à elle-même et ne plus être figée à attendre l’exécution, à travers des commandes fermes des projets de constructions neuves issus des lois de programmation militaires sans cesse remises en question sous l’influence de Bercy.

Ce portique, c’est comme un vieux château dont vous héritez, perclus de ronces et de toitures éventrées : on vous recommande de le maintenir sans vous en donner les moyens, c’est un cadeau empoisonné. Lors de la privatisation de DCNS, le savoir faire et les compétences y sont demeurés même si les moyens de levage « ordinaires » ont été répartis qui au S.I.D. (service infrastructure de la Défense) qui au S.S.F (Service Soutien de la Flotte).

Au fond, c’est clairement l’avenir de la construction en France de ses navires militaires de « hauts rangs » dont il est question. Espagne ? Pologne ? Corée ?

Si Lorient a su conserver son potentiel de port constructeur de frégates, l’obscurantisme du parti au pouvoir à Brest depuis 30 ans, dirigé par un maire viscéralement antimilitariste -comme au bon vieux temps de mai 1968- a conduit à la désindustrialisation de la cité du Ponant. Il eut fallu rechercher et débaucher, au-delà de la Pointe de Penn Hir et des Tas de Poix, les clients étrangers admiratifs de la science des ingénieurs et des compagnons de l’arsenal breton. Or, passé l’île Molène, les socialistes brestois, nos édiles locaux, ne veulent pas faire et trahissent encore, 50 ans après,

notre plus éminent sauveur que fut de Gaulle dont nous rappelons un extrait du discours qu’il fit à l’Ecole Navale le 15 février 1965.

« La Marine est faite pour le combat, pour s’y préparer d’abord et le cas échéant pour l’accomplir. Pour ce qui est du pays il s’agit d’avoir une Marine en mesure de frapper fort, comme c’est sa nature sur la Mer et depuis la mer, tout ennemi de la France et de le frapper avec les armes les plus puissantes qui soient et le frapper le cas échéant sans réserve et sans condition… »

Le président Sarkozy avait fait lancer des pré-études pour offrir un petit frère à notre unique porte-avions. Aujourd’hui, pour reculer les échéances on n’évoque plus qu’un possible remplaçant du Charles de Gaulle.

Vous avez dit trahison ?

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Alain Rousseau

Délégué régional SIEL Bretagne

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