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vendredi, 01 février 2019 14:45

Aimez-vous la clémentine ?

Écrit par  Marie-Francoise Ousset
L’Expédition d’Alger en 1830-1831 L’Expédition d’Alger en 1830-1831 Alphonse de Longuemar

E. MACRON a dit récemment en Algérie que la colonisation était un crime contre l’humanité. On a envie de lui demander :

Il ne sait sans doute pas que la clémentine, un hybride de bigaradiers et de mandariniers, fut inventée en 1900 par le Frère Clément qui partageait son temps entre l’orphelinat de Misserghin près d’Oran et l’horticulture. Elle fut cultivée ensuite par les religieuses d’Algérie.

En 1830, quand les Français débarquent en Algérie, il y avait la ville d’Alger mais les mots « Algérie » et « algériens » n’existaient pas. C’est le Général Laperinne qui a dénommé le pays « Algérie ». Avant, tout le monde appelait cette région « les côtes barbaresques ».

Motif de l’arrivée des français : La piraterie turque faisait des razzias en Méditerranée depuis le 15ème siècle. Les turcs enlevaient les européens pour en demander des rançons. On connait le cas du breton Porçon de la Bardinais qui fut chargé en 1665 par les armateurs de St-Malo de protéger leurs navires des attaques des Barbaresques. Il s’engage en Méditerranée mais est fait prisonnier et amené devant le Dey d’Alger qui le laisse partir sous condition qu’il négocie avec Louis XIV une proposition. Ce breton promit qu’il reviendrait à Alger si sa mission échouait. Il part, voit Louis XIV qui refuse l’offre du Dey. Il passe donc à St-Malo pour mettre ses affaires en ordre, fait ses adieux à sa famille et retourne en Afrique où il est exécuté, attaché à la gueule d’un canon.

Napoléon, poussé par de nombreux pays, voulait en finir et envoya un espion étudier les défenses de la côte algérienne. En 1830, c’est toujours le chaos en cette terre d’Afrique du Nord : on comptait deux millions d’esclaves rançonnés par les pillards ou les féodaux, rongés par la syphilis, le trachome, le choléra, la malaria. Charles X puis Louis-Philippe ont voulu délivrer les prisonniers français qui croupissaient dans les prisons ottomanes et mettre fin à cette barbarie. C’est la France qui a donné une existence à ce qui n’était qu’une juxtaposition de tribus vaguement gouvernées par les Turcs.

En Algérie, il n’y avait ni frontières fixes, ni gouvernement central, ni monnaie propre autre que la Livre turque, ni loi autre que la charia. Peu de routes, pas de ports, pas d’industrie, pas d’hôpitaux, de rares écoles coraniques. La France a construit 70.000 kms de réseaux routiers (avec le Sahara : 80.000 kms), 32 aérodromes, 4.375 kms de voies ferrées, 14 barrages, 4.950 millions de kms de réseaux électriques, 16.000 kms de lignes téléphoniques, une production électrique de 950 millions de kilowatts/heure, 31 centrales thermiques ou hydroélectriques (Cavallo…), 14 ports dont 4 ports internationaux, des centaines de ponts, viaducs, tunnels, châteaux d’eau. Une dizaine de stations balnéaires (Cavallo…), des infrastructures gazières et pétrolières (Hassi Messaoud…).
La France implanta en Algérie 372.000 ha de vignobles et a ainsi permis qu’en 100 ans, soit doublée la superficie des terres cultivables appartenant aux musulmans. L’Algérie put exporter 200.000 tonnes d’oranges, 120.000 quintaux de figues sèches, 50.000 quintaux d’olives. Aujourd’hui la production locale est insuffisante pour le pays.
En 1960, c’est elle qui scolarisait, 70 % des enfants musulmans, chiffre unique dans toute l’Afrique à cette époque. L’Université d’Alger fut la 3ème de France avec 5.750 étudiants. De plus, une loi du 20 septembre 1947 a proclamé l’égalité absolue des droits entre français de métropole et français musulmans.

La Mitidja n’était qu’un marais pestilentiel. On y attrapait le paludisme. Personne n’y vivait au-delà de 50 ans. Les français ont réussi à l’assécher et ainsi l’espérance de vie de la population a énormément augmenté. La population arabe de 3 millions en 1970 est montée à 10 millions en peu de temps.

Les Français ont construit 150 hôpitaux modernes. A l’hôpital « Mustapha » notamment, on trouvait en général 9 hospitalisés musulmans pour un européen. Alors qu’en France, les hôpitaux parisiens étaient vieux et sales, ceux d’Algérie étaient flambant neufs. Les français ont créé des réseaux de sages-femmes algériennes particulièrement efficaces. Ils ont décidé qu’une jeune fille ne pourrait être mariée avant 15 ans. C’est la France qui a mis fin aux épidémies de choléra qui ravageaient les douars indigènes avant 1830.
Le Dr Jamot a lutté contre la trypanosomiase, ou maladie du sommeil, le Dr Calmette n’a pas seulement inventé le BCG, il a lutté contre la variole et les morsures de serpents, les Drs Yersin et Marchoux ont lutté contre la peste, le Dr Alphonse Lavéran contre le paludisme. La plupart de ces grands noms ont ensuite eu des responsabilités à l’Institut Pasteur qui s’est enrichi de leur expérience coloniale.

La France a fait tellement dans ce domaine qu’il est amusant de constater que, dans beaucoup de pays, on a donné le nom de « French Doctors » aux personnalités des ONG de toutes nationalités confondues !

En Algérie, la France a découvert et exploité d’importants gisements de charbon, fer, manganèse, cuivre, plomb, potasse, nickel, étain, chrome, uranium. Elle a introduit de nouvelles cultures : coton, tabac. L’Algérie pouvait exporter des 100n de kgs d’oranges par an. Maintenant la production locale est insuffisante au pays.
Les français ont essayé d’alphabétiser jusque dans les régions les plus reculées : les jeunes algériens ont bénéficié, dans leurs manuels d’histoire, d’une double pagination mettant en regard les histoires métropolitaines et indigènes. Le Père Charles de Foucauld, surnommé le « Frère universel » rédigea un précieux dictionnaire des touaregs mais il fut assassiné. Les français ont scolarisé des milliers d’enfants, filles et garçons. Ils n’ont pas déculturé : il n’y avait pas d’écriture chez les Kabyles. Le régime mis en place après l’indépendance, a fait de l’arabisation forcée et le FLN a brûlé les écoles construites par les français.

Le pétrole du Sahara était difficile à extraire. Les anglais avaient abandonné leur projet dans ce domaine. Avec l’argent du contribuable français, l’Algérie eut la 4ème puissance pétrolière au monde. Beau cadeau fait à ce pays alors qu’auparavant le Sahara ne faisait même pas partie de l’Algérie ! Napoléon III pensait que l’Algérie coûtait plus cher à la France qu’elle ne rapportait. Il est passé souvent dans son carrosse par des ruelles de 2 m 50 de large : il n’a jamais été inquiété. Les français ne vivaient pas en circuit fermé (contrairement aux anglais dans leurs colonies).

Aït AHMED, chef de la Willaya, a dit à Christine Clerc dans le Figaro en 1995 que l’Algérie au temps des français était un vrai paradis. En effet, la production industrielle a doublé en 1940. Le PIB a atteint celui de Taïwan.
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Pendant la guerre de 40, dans aucune colonie les indigènes ne profitent des malheurs de la Métropole pour tenter de s’en détacher. Les seules dissidences sont le fait des cadres européens. Sans les arachides de Dakar, les engrais phosphatés d’Afrique du Nord, l’apport des primeurs du Maghreb, la France aurait crevé de faim… mais le nouveau pouvoir mis en place après la guerre dit que 90 % de ces importations vont aux allemands. Avant 1956, il y eut 46 musulmans à l’Assemblée Nationale.
Sous De Gaulle, la France a désarmé les harkis qui voulaient rester français et qui étaient deux fois plus nombreux que les fellaghas. Il y eut 80.000 morts en Algérie et Paris n’a rien fait pour les sauver. Après les accords d’Evian (19 mars 1962) - et donc la fin de la guerre en principe – ce fut la terreur en Algérie : il y eut 175.000 personnes assassinées et 170 religieux ont été tués au total en 2006. Tous ceux qui voulaient rester français – et ils étaient 10 fois plus nombreux que les pro-FLN – ont été systématiquement tués, souvent sauvagement égorgés y compris femmes et enfants.
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« La patrie algérienne n’existe pas ! J’ai interrogé les vivants et les morts, le ciel, le vent, la mer ; j’ai crié « Algérie » ! Personne ne m’a répondu.
Nous sommes fils d’un monde nouveau né de l’esprit et de l’effort français »
Ferhat Abbas – 1932
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« Pour moi la France c’est la plus belle fille du monde »
Alain MIMOUN (1921-2013) algérien, champion

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