Imprimer cette page
mardi, 10 avril 2012 00:55

Nicolas Dupont–Aignan sera-t-il Giraud ou de Lattre ?

Écrit par 

Lettre ouverte d'un membre fondateur du SIEL, et l'un des (nombreux) déçus de DLR, à Nicolas Dupont-Aignan.

Je ne pense pas que, à Londres, le Général ait fait quelque tri que ce soit dans ceux qui le rejoignaient au moment où sombrait la France. Il n'est que lire le livre d'Epstein pour s'en convaincre ! Il avait parfaitement su faire la différence entre l'essentiel et l'accessoire accueillant les royalistes et les juifs, la gauche républicaine et la droite des Croix de feu, laissant ultérieurement libre cours à chacun d'exprimer sur des sujets mineurs leurs divergences, une fois le pays rétabli dans sa souveraineté et l'État dans ses droits et devoirs.

Nul, vous le savez, de d'Astier à Bidault, de Chaban à Soustelle ne s'en est privé. Nous en sommes là ; La France meurt- vous le dites, vous le dites bien, et vous avez raison ! Et vous faites des chichis.

Voilà qui me laisse pantois, triste et désarmé. Le procès que vous intentez à Marine Le Pen est de mauvaise foi. Que vous divergiez sur la gestion de l'immigration je le veux bien- quand bien même il y ait ici matière à débattre ; mais quand je constate que cela vous soulève le cœur au point que vous ne pouvez faire l'impasse sur cette divergence, j'ai le sentiment que vous nous prenez pour des pommes ! Vous étiez moins regardant sur ces questions quand les odeurs des étrangers indisposaient Chirac. Un tel aveu blessant la sensibilité que vous affichez aujourd'hui aurait dû vous faire quitter le RPR fissa en prenant vos jambes à votre cou. Or, il me semble que vous restâtes coi et plan-plan bien à votre place. Dois-je en déduire que vous avez l'indignation sélective ou que votre ego a désormais pris le pas sur vos convictions ?.


Car, enfin, vous le savez parfaitement. Vous dispersez nos forces au lieu d'aider à les réunir. C'est d'autant plus rageant que vous pourriez tant faire, car il est sûr que vous avez un incontestable talent. En restant seul vous voulez être de Gaulle ; en allant chez Marine, vous redoutez d'être Doriot. Vous vous méprenez. Tel que vous êtes, vous n'êtes que Giraud, cette culotte de peau qu'on envoya dans les pattes du Général pour diviser les patriotes et mieux servir l'étranger ; en rejoignant Marine, vous devenez celui qui apporte des troupes fraîches. Vous êtes de Lattre -dont vous ne devez pas oublier qu'il participa au jury qui condamna de Gaulle à mort au procès de Riom ; mais qui sut, lui, revenir sur sa décision et à qui de Gaulle pardonna ! Allez, soyez l'armée d'Afrique !

Marine Le Pen a investi le champ du patriotisme et sa moisson est abondante. Cela vous déplaît. Je peux le comprendre. Mais quoi ! « Les choses étant ce qu'elles sont et les circonstances celles que nous en savons », vous me suivez ?, il faut faire avec ce que l'on a- J'espère que vous me suivez toujours. Tout le reste est du blabla. Tout le reste surtout n'est pas de mise dans la situation dramatique que nous vivons. Ne pas rechercher la solidarité entre patriote a quelque chose de criminel.

Faut-il attendre un plus profond désastre pour être acculé -envers et contre tout - à s'unir ? Ou alors, jugez vous que la situation n'est pas si grave qu'on puisse se permettre cette licence de jouer chacun sa partition ? Encore une danse, ma chère, avant de sombre ! Encore un petit mandat parlementaire, avant de sombrer !

Aurez-vous l'honnêteté de répondre point par point à mes arguments ? Ne doutez pas -je crois que ma vie en témoigne - que nous partageons le même amour féroce de la France. C'est du cœur de ce partage que je vous salue bien fraternellement.

Hubert Chavelet
Membre fondateur du Siel, et l'un des (nombreux) déçus de NDA

Lu 3495 fois
SIEL


Souveraineté, Identité Et Libertés

Derniers textes de SIEL