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jeudi, 06 juin 2019 15:34

Élections européennes 2019

Écrit par  Eric Fouace

Les élections européennes livrent désormais leurs résultats analyses et commentaires.
Ils s’accordent, tout d’abord, sur le pari perdu d’Emmanuel Macron compte tenu de sa deuxième place derrière le Rassemblement National pour souligner aussitôt le coude à coude entre sa formation « LREM » défendue par Nathalie Loiseau et Jordan Bardella, le porte- drapeau, du « R.N » avec pour conclusion « LREM » au centre de l’échiquier politique .
Macron Machiavel, Macron funambule pour reprendre les titres de certains quotidiens !
Ils notent, ensuite, la percée des Verts, voir leur triomphe, avec 13,2% des suffrages et 3.050.000 voix.
Puis, relèvent « l’ancrage » de LREM, par son honorable résultat, eu égard au climat social délétère entretenu depuis six mois par la crise dite des Gilets Jaunes et la stabilité du R.N voir son léger effritement en suffrage exprimés mais… non en voix par rapport aux élections européennes de 2014.
Ils pointent, enfin, la défaite cinglante du parti de la droite et du centre « Les Républicains », mené par François Xavier Bellamy et soutenu par Laurent Wauquiez.
Et pour conclure, relèvent la déroute de la liste P.S conduite par Raphael Glucksmann et la débâcle de LFI représentée par Manon Aubry et son parrain J.L. Mélanchon.
Si ces propos sont globalement objectifs ils masquent une certaine réalité.
Premièrement la victoire des Verts mérite quelques bémols et le titre de prince des yoyos.
En effet sur 9 consultations aux élections européennes, les Verts créent la surprise quatre fois : en 1989 avec A. Waechter (10,5%) en 1999 avec Cohn –Bendit et Voynet (9%) en 2009 avec Cohn- Bendit (16,3%) et aujourd’hui avec Yanick Jadot (13,6%).
En bref, un millésime une fois tous les dix ans, les années en 9 de surcroit !
Entre ces années, beaucoup de vaches maigres avec pour exemples :
✓ Les présidentielles de : 1988 (3, 78%), 2002 (5,25%) ,2007 (1,57) et 2012 (5,46%),
✓ Les législatives de : 1993 (4,05%), 2002 (5,46%), 2007(3,25%), 2012 (5,46%) et 2017 (0,13%),
✓ Les régionales, le tableau est identique malgré un scrutin à la proportionnel, dit plus favorable, à l’exception de 1992 (14,6%) et 2012 (12%),
✓ Les municipales, sauf quelques points d’ancrage en province notamment dans le Nord, l’Est et aux abords des sites nucléaires, l’émergence et l’enracinement de cette formation s’observent essentiellement dans les grandes agglomérations.
Toutefois, cette percée, demeure encore fragile, à titre d’exemple, Paris :
✓ 2001, 76.000 voix et 12,5% avec pour tête de liste Yves Contassot,
✓ 2008, 46.880 voix et 6, 78% avec pour tête ète de liste Denis Baupin,
✓ 2014, 60 .234 voix et 8,56% avec pour tête de liste Christophe Najdovski.
En bref, des résultats modestes, placent cette formation à Paris en 3eme positon avec trois fois moins de voix que les partis dominants, mais suffisamment représentatif pour jouer le rôle d’arbitre des élégances avec le concours appuyé du monde associatif et des médias.
Avec une base électorale au mieux d’1.500.000 électeurs en France, il est permis, à l’instar de nombreux commentateurs, qui relativisent le succès R.N en comparant 2014/2019 d’atténuer la percée des écologistes par rapport à 2009 dont la progression est au mieux de 200.000 voix contre près de 500.000 pour le R.N avec son socle électoral multiplié par cinq.
Deuxièmement les souverainistes – populistes - conservateurs au confluent des droites pour une victoire future.
Aux vues des résultats, un seul parti doit retenir l’attention, le R.N. ex F.N.
Sur trente ans, on observe non seulement sa progression régulière mais encore son décollage en 2002 puis son envol en 2012 comme en attestent les résultats ci après :
✓ Présidentielles de : 1988 (14,4%), 2002 (17,7%), 2012 (17,9%) , 2014 (20%) et 2017 (21,30%) pour 7.678.000 voix .Un trou d’air en 2007 (10,4%) contre Nicolas Sarkozy. En bref, une moyenne de 5.500.000 voix.
✓ Législatives, le scénario est à l’identique, avec un réel et unique revers en 2007(4,29%).
✓ Régionales, d’une régularité constante il fait un bond en 2015 pour atteindre 6.000.000 d’électeurs soit 27% des suffrages exprimés doublant, ainsi, ses résultats par rapport à 2012.
✓ Européennes sur l’ensemble des consultations, une stabilité remarquable à l’exception de 1999 (6,7%) pour une poussée en 2014 (24,80%) et 2019 (23,5%) des suffrages exprimés avec un gain en voix d’un demi-million soit au total 5.201.000.
Cependant, au regard des chiffres ci- dessus, cette progression marquerait le pas depuis 2015 compte tenu d’un contexte politique très favorable : attentats, flux migratoires, violences urbaines et crise économique exprimée à travers les Gilets Jaunes.
Le retour aux fondamentaux s’impose, tant sur le plan sociétal qu’économique.
Phase de récupération naturelle avant rebond ou plafond de verre éventuel, un électorat semble t-il acquit dont l’assiette pour l’emporter est encore insuffisante dans les grandes agglomérations et faute d’alliance.
Pour exemple Paris :
✓ Municipales : 2001 : 21.490 voix et (3,47%) ; 2008: 21.000 voix (3,17%) ; 2014 : 42.560 voix (6, 26%).
✓ Européennes : 2014 : 57.908 voix (9,31%) ; 2019 : 53.729 voix (7,2%).

Des résultats à rapprocher de ceux des Verts !
Concernant les alliances, les Municipales sont à l’évidence une occasion à saisir. Elles doivent concerner tous les partis attachés à notre identité, nos racines chrétiennes, à notre souveraineté et liberté en faisant fi des égo.
Au niveau national les résultats montrent depuis 2002 une érosion de la droite républicaine, à l’exception de 2007, dont une partie profiterait au R.N. et l’autre à LREM.
L’ambigüité de la droite républicaine et du centre depuis 2002 suite à la création de l’U.M.P à choisir entre identité et souverainisme, mondialisme et libéralisme est à l’origine de ce hiatus et des déconvenues électorales récurrentes et de revers humiliant.
Une ligne claire serait, en l’espèce, un atout et l’espérance d’un sursaut.
La liste « L.R » aux élections européennes affichait cette ambivalence par la présence dans le trio de tête d’Agnès Evren proche de Valérie Pecresse, d’Arnaud Danjan un moment « Macron compatible » et de F.X. Bellamy déclarant préférer « Macron à Marine Le Pen » ! Le résultat parle de lui-même.
Pas de clerc, peut- être, pour un jeune candidat doté d’un réel courage, de réelles qualités humaines, d’une grande urbanité, mais probablement sous influence de sa famille politique et de ses courants.
Cette clarté des lignes doit aussi s’imposer sur la question écologique et affirmer l’intérêt du nucléaire pour sa production la plus décarbonnée, le coût des énergies renouvelables sur nos factures, le non sens de la voiture électrique et des mesures prises pour bannir la voiture à essence et rappeler que le respect de l’environnement commence en priorité par la propreté , l’hygiène et la salubrité. Des principes de base inconnus du Maire de Paris.
Pour conclure sur les élections européennes, il est à noter que l’Allemagne, pays européen où la représentation écologiste est la plus importante est le plus pollueur depuis l’abandon de ses centrales nucléaires au profit de ses centrales à charbon. Ce paradoxe n’a pas été soulevé.
Une autre vérité doit être rétablie, si les Verts au Parlement européen représentent 9%, les populistes - conservateurs en cas d’union pourraient représenter entre 15% et 23% soit l’égal du P.P.E.
Pour finir, je rappellerai qu’au regard de la concomitance sur l’entrée sur la scène politique des Verts et des Mouvements nationaux (R.N) l’un connait une progression constante pour s’imposer comme une véritable force en Europe, l’autre une croissance beaucoup plus erratique dont le socle est jusqu’à présent soumis à l’humeur de l’instant.

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