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dimanche, 15 avril 2012 21:13

Les clochers de nos églises sont-ils voués à disparaître de nos horizons?

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Sainte-Gemmes-d-Andigne 9832_magnifique-eglise

Si rien n'est entrepris ces prochaines semaines, l'église Sainte-Gemmes-d'Andigné, située en Anjou, sera bientôt détruite par décision de la municipalité, sans que l'opinion publique ne s'en émeuve.

Voici quelques semaines, l'église Saint-Pierre-aux-Liens de Gesté (Maine-et-Loire) n'avait dû son salut qu'à l'intervention de la justice administrative qui l'avait sauvée in extremis d'une démolition partielle, à laquelle elle était pourtant promise par suite, là encore, d'une décision municipale.

Témoignant pareillement du double suicide, spirituel et culturel, qui s'est emparé de la France depuis bien des années, ces tristes exemples ne sont malheureusement pas isolés. Pris parmi tant d'autres, ils nous rappellent que nombre d'églises et de chapelles de notre pays sont l'objet périodiquement de discrètes démolitions, programmées légalement, dans l'indifférence de tous. Dans le même temps, des mosquées s'édifient partout sur le territoire français, à un rythme constant de 150 édifices par an, non sans que le style de construction de lieux de prières musulmans, inspiré de l'architecture orientale, ne conduise à modifier quelque peu le paysage monumental français...

Chacun sait que les églises coûtent cher à entretenir et que les communes peinent à supporter une charge souvent démesurée au regard des autres dépenses (routes, équipement sportifs ou culturels, écoles...) auxquelles elles doivent faire face concurremment.

Selon un rapport du Sénat, 2.800 des 15.000 églises rurales protégées seraient en situation de péril. Suivant ces mêmes estimations, les édifices en grande difficulté appartiennent, pour la plupart, à des communes de moins de 2.000 habitants qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour financer les investissements nécessaires à cet entretien ou qui ne peuvent espérer y parvenir sans l'appui décisif de l'Etat ou d'autres collectivités publiques. Même les cathédrales, qui dépendent directement du domaine public de l'Etat, ne sont plus convenablement entretenues. Dans de telles conditions, que penser de l'avenir des ouvrages religieux non classés, qui ne constituent en rien une priorité réglementaire pour l'État !

Les églises vieillissent mal, - notamment celles construites au XIXème siècle - et bien des communes hésitent parfois, contraintes budgétaires obligent, entre leur démolition et de dispendieuses restaurations : assurément, ce dilemme ne se poserait pas à nos élus municipaux si ceux-ci pouvaient compter sur l'assistance effective des pouvoirs publics. Or, ces dernières années, l'Etat n'a cessé de se désengager insidieusement de ses responsabilités régaliennes, en diminuant de façon continue les crédits alloués à la sauvegarde du patrimoine religieux français. Et, en ce domaine, l'annonce par Nicolas Sarkozy en février dernier du relèvement de 30% des droits à construire sur l'ensemble du territoire français - dont l'effet mécanique sera d'assouplir les contraintes juridiques auxquelles les maires sont actuellement étroitement soumis - ne réduira certainement pas la terrible menace qui pèse sur la préservation du patrimoine monumental de notre pays

Dans ses derniers vœux au monde de la Culture, Nicolas Sarkozy avait évoqué, une fois de plus, dans le sillage de Raoul Glaber, «....le long manteau de cathédrales et d'églises qui couvrent la France...".

Avec pareils propos, chacun peut discerner les signes évidents d'un double langage ? Loin des figures, toutes rhétoriques, du discours présidentiel, le chef de l'Etat ne s'est-il pas appliqué à conduire avec constance, durant son quinquennat, une politique délibérée d'effacement du rôle de la puissance publique ? Nul ne saurait méconnaître désormais cette réalité devant l'immensité des dégâts causés par une politique calamiteuse de démantèlement méthodique des prérogatives culturelles de l'Etat.

En ce domaine, un sursaut national s'impose pour protéger un patrimoine spirituel considérable auquel nos compatriotes sont viscéralement attachés. Un ambitieux plan national de sauvegarde de l'état sanitaire des monuments historiques français doit être bâti incessamment, qui associera l'ensemble des acteurs concernés, - de l'Etat aux collectivités territoriales, des propriétaires privés aux associations de défense du patrimoine - pour enfin enrayer la spirale mortifère de la baisse des crédits publics. Simultanément, l'Etat devra interdire, sans états d'âmes, la démolition sur le territoire français des édifices religieux qui demeurent inséparables, dans notre mémoire collective, du patrimoine chrétien de la France.

Sur cette question, comme sur bien d'autres sujets, les Français constatent une fois de plus que Nicolas Sarkozy s'en est tenu à des propos incantatoires en oubliant, comme à son habitude, d'honorer ses promesses, sans que nos compatriotes ne soient toutefois autrement convaincus par les engagements électoraux, d'une affligeante indigence, présentés en ce domaine par le candidat François Hollande. Au rendez-vous des urnes, les Français n'oublieront pas que Marine Le Pen demeure la seule personnalité politique capable, avec la sincérité qui la caractérise, d'appliquer avec détermination un projet culturel, cohérent et réaliste, qui sauvera à coup sûr les clochers de nos églises des mâchoires des pelles mécaniques.

Karim Ouchikh

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