« L'avenir n'est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire »
Henri Bergson
Créé en janvier 2012 dans la perspective des élections présidentielle et législatives, Souveraineté, Indépendance et Libertés entend réunir les patriotes, républicains trahis, gaullistes orphelins, souverainistes dispersés, qui soutiennent la candidature de Marine le Pen et sont prêts à conclure avec le Front national, comme avec les autres forces nationales qui voudront s'y joindre, un pacte de gouvernement de salut public.
Pour l'essentiel, nous estimons n'avoir pas à réinventer la politique de la France, mais à la permettre. Au demeurant, ses axes principaux sont fixés depuis des siècles : Souveraineté de l'Etat et Légitimité populaire face aux féodalités, extérieures et intérieures ; Indépendance des nations face aux logiques impériales ; Liberté des personnes, de l'expression et de l'initiative individuelles, respect des civilisations et des héritages nationaux face aux pièges de la mondialisation, ou d'une américanisation du monde qui réduit la condition de l'Homme à l'impératif de jouissance, l'existence à la dépense, la vie aux seules exigences du commerce.
Nous assumons le fait que ces trois valeurs sont politiques en même temps que morales, éthiques et, oui, spirituelles. D'ailleurs, il est à noter qu'elles signifient sur des plans divers une même chose, la volonté de ne pas dépendre. Sur le plan philosophique, c'est l'exigence pour tout être, individuel ou collectif, d'être ce qu'il est -autrement dit la liberté. Sur le plan diplomatique, c'est la traditionnelle résistance aux empires et aux hégémonies, européennes, atlantiques ou autres-autrement dit l'indépendance nationale ; sur le plan politique, ne pas dépendre revient à libérer l'Etat des féodalités financières, partisanes, syndicales, médiatiques qui enserrent la res-publica : autrement dit, la souveraineté populaire.
Souveraineté, Indépendance Et Libertés : les femmes et les hommes qui l'ont crée viennent d'horizons divers, du RPR, de l'UMP, de DLR, du MPF, du RPF, du RIF, ou simplement ils viennent d' « ailleurs » comme disait Michel Jobert ; mais ils sont tous des héritiers de l'ancestrale politique française, que résument ces trois mots. En somme, quelles que soient nos sensibilités respectives, nous sommes tous des classiques, des héritiers assumés de la politique classique de la France.
Si certains d'entre nous ont déjà été élus et si la plupart ont déjà connu le baptême du feu électoral, ne cherchez pas parmi eux des vedettes : ici point de « notables ou de notoires » comme disait de Gaulle -mais des patriotes inquiets et à la fois hésitants à s'engager, et en colère -mais pour eux, la colère est la plus forte. Chacun avec ses mots, son parcours, sa tradition, se reconnait dans cette politique classique, dans les valeurs de la France qu'une génération de responsables indignes a jetées par dessus bords depuis plus de 30 ans. Certains se disent gaullistes, d'autres souverainistes, tous sont patriotes et tous ont décidé de rejoindre la candidature de Marine le Pen dont ils soutiennent le projet présidentiel et faisant partie de son comité de soutien; la plupart sont volontaires pour être candidats aux législatives au sein d'une Alliance du Peuple français constituée avec le Front National et les partis qui le voudront, alliance dont la dénomination est en voie d'attribution.
D'où qu'ils viennent, ces femmes et ces hommes représentent donc un courant somme toute constant dans la vie politique française, ce qu'on nomme parfois « gaullo-souverainiste », car le souverainisme est au XXIème siècle ce que le gaullisme a été au XXème, la volonté de faire vivre et rayonner dans le monde une France libre. Eh bien, c'est un fait notoire que, après la division des patriotes née du terrible piège que François Mitterrand nous a tendu il y a trente ans, et dans lequel nous pataugeons depuis lors, ceux-ci acceptent de travailler main dans la main avec un Front National désormais rénové grâce au talent de Marine Le Pen. En cela l'acte posé aujourd'hui a sa portée propre, il est une pierre sur le long chemin qui doit recomposer le paysage politique français.
Pour alliés loyaux que nous soyons, nous n'en avons pas moins notre identité propre nous autres « gaullo-souverainistes ». En 1999 une liste conduite par Charles Pasqua, Philippe de Villiers et Marie France Garaud dépassait 13 % de l'électorat, battant la liste RPR, du moins RPR officielle que dirigeait alors Nicolas Sarkozy. Ce score n'était d'ailleurs pas étonnant : il ne faisait que confirmer celui que Philippe De Villiers avait obtenu cinq ans plus tôt avec 12,2 % des voix, et qui sera confirmé quelques années plus tard lors du référendum sur la constitution européenne, quand le « NON » issu des voix souverainistes révéla un électorat spécifique.
Ce segment de l'électorat est constant; quand il sait s'unir, c'est-à-dire quand il sait dépasser les parcours solitaires qui lui ont tant nui -et qui, tout le monde le voit aujourd'hui, sont voués à l'échec ; il peut, par sa diversité même, porter Marine le Pen bien au delà des intentions de vote qui lui sont attribuées actuellement -et l'aider à atteindre ces 30% de Français qui, selon certains sondages récents, n'excluent pas de voter pour elle. Ce n'est pas là affaire d'arithmétique ; c'est affaire de dynamique autour des forces qui croient en la France, et qui ont dans notre esprit une vocation majoritaire; et c'est affaire, aussi, de crédibilité gouvernementale. Notre union, non seulement peut assurer dans l'immédiat la présence de Marine au second tour, mais peut constituer ensuite la matrice d'un authentique rassemblement national tel que la France n'en a plus connu depuis le début de la Vème République, mais dont nous sommes sûrs que les circonstances actuelles réveillent la nostalgie, et, même, qu'elles en imposent la nécessité.
Non la France n'est pas « finie », comme on l'entend trop dire ici ou là, ou comme on le devine dans tant d'arrière pensées; du moins faut-il que nous sachions, à la faveur d'une recomposition profonde de notre paysage partisan, former une relève politique, faite d'âmes fortes de la République décidées à la servir et ne servir qu'elle ; nous sommes disposés pour ce faire à construire une nouvelle alliance entre une élite républicaine neuve et notre peuple -ce peuple aujourd'hui absent, tant il est méprisé par ses oligarques. A cette tache gigantesque, nous pensons qu'aucun parti ne peut parvenir seul.
Le SIEL est né d'un triple constat :
D'abord : il est impensable de perpétuer la vieille connivence des partis de l'UMPS, masque des oligarchies qui ont abandonné tout souci de la France, de ses intérêts, de ses principes et de son peuple même -un peuple sans cesse mis en accusation au point de lui avoir fait perdre jusqu'à l'idée de lui-même. Il est aussi impensable de livrer notre pays aux vieilles recettes d'une "gauche" aveugle devant la situation des Français, que de reconduire un chef d'Etat qui, après avoir bafoué le non au référendum du 29 mai 2005, gesticule pour masquer son échec historique : dette accrue de 42% en 5 ans, au prix d'incroyables gaspillages budgétaires ; flux migratoires toujours plus abondants et toujours moins contrôlés ; citoyenneté évanescente ; liberté d'expression incertaine; pouvoir d'achat diminué ; regain de la pauvreté, insécurité multiforme, délabrement de services publics essentiels, insultes multiples aux paysages, multiplication des incivilités etc. Par dessus tout, nous ne pouvons laisser aller à vau-l'eau l'Ecole et l'Université, ni saboter plus longtemps l'enseignement de notre Histoire, de nos héritages culturels et de notre langue même.
Ensuite : la reconquête de l'indépendance de la France et de la souveraineté de son peuple ne se fera pas sans un large rassemblement national. Aucun parti ne peut la mener seul. Devant le clivage majeur qui oppose désormais ceux qui croient à la France et ceux qui n'y croient plus, il nous incombe de créer une large opposition au parti multiforme de l'abandon. Le SIEL se veut la matrice d'un mouvement patriotique à vocation majoritaire, nécessairement divers, dégagé des exclusives et des logiques partisanes que notre peuple réclame et attend. Nous croyons que, selon ce que commandait le Général de Gaulle, un nouveau "Rassemblement des Français sur la France" est la dernière chance de redonner à notre pays sa fierté et son espérance.
Enfin : après trente années où le primat du politique s'est noyé dans le débat économique, nous savons que l'économie n'a pas la réponse aux problèmes économiques. Partisans de la libre entreprise comme de l'Etat stratège, et par dessus tout d'un pragmatisme inspiré par la seule considération de l'intérêt national, nous entendons porter le débat politique sur les racines profondes de l'actuelle déshérence où nos élites sont plongées, délaissant leurs responsabilités, se fuyant elles-mêmes dans la supra-nationalité et l'universelle préférence pour l'étranger, comme s'il fallait se débarrasser de nous-mêmes. Loin d'être économiques, les causes de la décadence des nations européennes sont d'abord culturelles, c'est-à-dire intellectuelles, morales et spirituelles : c'est pourquoi nous insistons sur la transmission des héritages, la restauration de l'Ecole, des enseignements classiques, des codes, des traditions, du patrimoine, en un mot d'une civilisation française qui se propose au monde comme une voie différente au milieu de l'uniformisation générale. Sûrs que, en se retrouvant elle-même, la France est capable d'enfanter un autre monde, nous entendons restaurer en tous domaines l'exception française, redonner son audace et son agilité à notre politique étrangère, accomplir les promesses de la francophonie, assurer le rayonnement de la pensée française sans lequel les Français se perdent de vue à leurs propres yeux. Rien de grand ne se fait en France si la France renonce à être une grande nation, c'est-à-dire une nation prophétique.
Après les carnages écologiques et humains du mondialisme marchand, du déracinement obligatoire et de la babélisation générale, la France peut et doit être la matrice d'un monde nouveau, plus respectueux de la diversité de l'univers ; elle peut et doit montrer à sa jeunesse et à celles des autres nations qu'il est possible de conjurer la lente décivilisation inscrite dans l'obsession de la marchandise, et finalement dans le matérialisme. Tôt ou tard, la triple raréfaction des ressources naturelles, du crédit et du travail humain nous imposera de travailler mieux et de dépenser mieux, redonnant ainsi leur place aux valeurs de la nature et de la civilisation, qui furent si longtemps conjuguées.
Le SIEL s'adresse aujourd'hui à tous les patriotes, d'où qu'ils viennent et quelle que soit leur sensibilité politique, pour qu'ils forment les bataillons d'une authentique relève nationale. Convaincus que tout redressement a pour préalable la reconquête de la souveraineté, c'est-à-dire la volonté d'être nous-mêmes, persuadés que les impasses de la mondialisation rendent plus que jamais nécessaire la liberté des hommes et des nations, nous sommes sûrs que le rassemblement du peuple français est, aujourd'hui comme toujours, le seul secours de la France.
Ce rassemblement à vocation majoritaire, nous sommes sûrs de le réussir pour deux raisons : d'abord la conjoncture électorale ; ensuite la conjoncture économique et sociale ; enfin la mutation culturelle que commencent à entrevoir les esprits devant les impasses de l'idéologie dominante, cette idéologie mondialiste dont les promesses et les sortilèges sont aujourd'hui évanouis, au point que se dessinent peu à peu les contours d'un autre monde.
La conjoncture politique est simple : elle est principalement marquée par la décomposition d'un parti qui s'est cru majoritaire et qui ne l'a jamais été, l'UMP, décomposition qui s'accélère de jour en jour sous nos yeux. L'improbable et insaisissable UMP, nébuleuse sans âme, sans pensée, sans projet et sans boussole, par conséquent sans unité créatrice, ne pouvait tenir la route. Un peu de gaullisme, un peu de giscardisme, un peu de radicalisme, et beaucoup d'électoralisme ont pu constituer un temps un cartel électoral: mais ce cartel n'a pas su donner naissance à un vrai projet politique et il était fatal qu'il se disloque peu à peu dans le débat européen, dans le choix atlantique, dans la crise budgétaire, monétaire, puis économique et sociale face à quoi les ténors de l'UMP ne peuvent plus parler d'une seule voix que pour ne rien dire. Aujourd'hui, l'échec de l'UMP est patent et ses conséquences seront immenses : cette « union pour une majorité » a perdu la majorité des départements, la majorité des grandes villes, la presque totalité des régions, elle vient de perdre le Sénat ; elle n'a pas d'idée force, pas de vrai projet, pas de moyen d'expression, elle n'a pas d'allié, et ne peut plus désormais que perdre la Présidence de la République, en attendant de perdre l'Assemblée nationale. Elle voit déjà ses cadres s'éparpiller à la recherche de placards dorés (il suffit pour le mesurer, de lire ces jours-ci les nominations au JO... ), et nul ne voit ce qui peut la sauver encore puisque chacune des propositions qui en émane est aussitôt contestée en son propre sein -un jour par le courant humaniste, un autre par le courant européen, et presque tous les jours par cette curieuse cohorte qu'est la « droite populaire » qui semble admettre que le reste de l'UMP est impopulaire et dont les meilleures voix, qu'elle l'avouent ou non au grand jour, seront les premières à faire bientôt chorus avec nous; à vrai dire ses électeurs, ses cadres et ses caciques n'en attendent qu'une occasion, après quoi le navire UMP aura définitivement échoué, et coulé.
Pour filer la métaphore maritime qui est devenue courante dans les parages de Marine, et que l'actualité a remise récemment en mémoire, nous dirions que le navire UMP fait eau de toutes parts et qu'il y a une sorte d'urgence humanitaire à mettre à l'eau quelques canots de sauvetage -à usage du moins de ceux de ses passagers ou contremaîtres qui voudraient se sauver en mettant enfin leurs actes en accord avec leurs idées, et même leurs espoirs. Oui, beaucoup de militants, de cadres, et d'élus UMP ne rêvent que de nous rejoindre, comme vont le faire bientôt nombre de leurs électeurs. Vastes perspectives, qui se révéleront d'un coup au fil de ce printemps... Ah certes ! Cette embarcation UMP démâtée n'a pas fini de payer, et de payer cher l'abandon du gaullisme !
Oui, nous sommes sûrs de réussir, et nous le sommes pour une autre raison : la crise économique et sociale dans laquelle nous sommes entrés et sans issue, à logiciel politique inchangé. La crise, ce mot qui ne veut plus rien dire quand il plonge durablement et pour le moins 15% de nos concitoyens dans la pauvreté, est impuissant à dire l'essentiel, qui est le bouleversement des fondements mêmes de notre civilisation, et qui n'aura d'issue qu'en changeant du tout au tout les paramètres politiques. Il faudra tout d'abord refuser d'esquiver les vraies responsabilités par le dépassement supranational, l'Europe ou la mondialisation. Cette fuite ne fait que dessaisir chaque année davantage la démocratie et réduit à rien l'autorité publique, en acceptant le libre-échange à tout va, ainsi que le consumérisme et d'une manière générale le matérialisme qui fait croire aux hommes qu'ils n'y a de vie bonne que par la dépense, et d'espérance que dans l'enflure indéfinie de la consommation. De toutes façons, la fuite en avant dans ce que Baudrillard nommait déjà voici trente ans, avec une judicieuse prescience, la « société de consommation », est de moins en moins possible par la triple conjonction de la raréfaction des ressources naturelles, de l'épuisement du Crédit éternel, de l'éternel déficit et de l'éternelle dépense qui semblent être le moyen ultime de gouverner, enfin par l'épuisement de la rationalité économique, dont un nombre croissant d'hommes ne veulent plus.
« Travailler davantage pour gagner davantage », aucun programme ne nous parait plus critiquable, en tous les cas plus contraire au monde qui vient, et pour ainsi dire anachronique -et nul ne s'étonnera que, Nicolas Sarkozy, qui est certainement le symbole de la corruption contemporaine de l'esprit public par l'argent, de l'oubli du service politique, et de la sacralité de la fonction suprême, soit aujourd'hui la première victime de la révolution morale sans laquelle notre pays ne retrouvera jamais ce qu'il se doit et ce qu'il est.
Nous sommes sûrs de réussir parce que, à rebours de tous les autres partis qui se noient dans les débats économiques sans fins et sans solution, les souverainistes et les gaullistes savent, en ce qu'ils sont les héritiers de l'ancestrale politique de la France, que l'économie n'a pas les réponses aux problèmes économiques, en un mot que les solutions ne sont guère économiques mais politiques -c'est à dire qu'elles supposent toutes de restaurer les cadres mêmes de l'action collective, l'Etat, la Nation, la Civilisation française. Il est d'ailleurs notable que nous parlions assez peu, au SIEL, de questions économiques, regrettant que cet aspect finalement secondaire, mais tristement emblématique d'un monde où tout problème et toute solution est l'argent, encombre la campagne électorale ; nous parlons davantage des prérogatives régaliennes de l'Etat et de son autorité, c'est-à-dire moins de la politique à mener que du cadre même où il serait possible de la mener, quelle qu'elle soit -car nous sommes persuadés que les maux d'aujourd'hui tiennent en grande part à l'abandon des instruments permettant de mener une politique, à commencer par une légitimité suffisamment installée au cœur de notre peuple pour que le politique accède à ce que Richelieu nommait la « puissance de gouverner ».
Et puis, posons cette question simple : est-il normal qu'un peuple accepte tout à coup de se laisser faire, accepte que l'on fasse comme si il avait dit oui alors qu'il a dit non, accepte que ce qui lui est extérieur, la langue, la religion et même l'autorité politique ultime soit plus valorisant que ce qui lui vient de sa propre histoire, est-il normal qu'un peuple accepte même que soient reconnus sur son sol des droits qu'il ne se reconnaît pas à lui-même, en d'autres termes est-il normal qu'un peuple ne se défende plus ?
Le bouleversement de notre civilisation est tel que, aussi cardinaux soient-ils, les préalables politiques que sont la Souveraineté et la Légitimité ont eux-mêmes un préalable, qui ne ressort pas tant de l'ordre politique que de l'ordre moral et spirituel et qui tient à la conscience que nous avons, ou que nous n'avons plus, de former un peuple, ce sujet de l'histoire qui se nomme le Peuple français. C'est pourquoi, comme le montre ce mémoire, nous insisterons beaucoup, au SIEL, sur les questions relatives à la civilisation, à l'Ecole, à l'Université, et plus généralement à ce qui est le grand problème du jour, la transmission culturelle, celle de notre histoire, de notre patrimoine, de notre langue, mais aussi des valeurs, des principes et des codes, comme disait Fernand Braudel, de la France, qu'ils soient publics et privés. Nos premières réunions ont montré, à notre grand étonnement, que ces principes et valeurs étaient pour beaucoup d'entre nous reliés à un engagement chrétien, très marqué pour plusieurs des membres fondateurs. Cela étant dit, notre projet est formellement laïc : nous voulons montrer à nos concitoyens qu'être Français n'est pas une souffrance mais une fidélité, un honneur et un bonheur, une manière de penser, de vivre et de participer au monde. Si cette priorité ne nous oppose pas aux partenaires qui nous accompagnent dans le soutien à Marine le Pen, elle nous en distingue sans doute quelque peu -aussi bien tous nos efforts tendent-ils à donner, face aux oligarchies et aux coalitions du mondialisme une perspective ample à l'union des patriotes.
Voici donc, ultimement, la raison pour laquelle nous sommes si sûrs de réussir : ceux qui ont lu Gramsci et qui connaissent la théorie du « bloc historique », c'est a dire l'alternance des périodes de l'histoire au cours desquelles un ensemble de conceptions s'impose à tous comme des évidences, puis tôt ou tard s'effrite, tous ceux qui ont le courage de mesurer la faillite non pas seulement de l'idéologie issue de mai 68 mais de la théorie du dépassement des nations, tous ceux qui sont attentifs au désarroi de nos compatriotes comme au profond renversement intellectuel qui s'opère dans les élites françaises (à commencer par les professeurs), en un mot tous ceux qui ont le sens des tours, détours et retours de l'histoire sentent bien qu'un nouveau paysage intellectuel est en train de se dessiner et que, à travers lui c'est tout un nouveau monde qui s'aperçoit. La génération intellectuelle et politique, largement dévouée aux valeurs du mondialisme marchand sur lesquelles nous avons vécu depuis les années 70 (lorsque naquirent, les partis politiques qui ont prospéré depuis lors, le PS, l'UDF dégénérée en Modem, le RPR dégénéré en UMP), cette génération est désormais révolue. Les revers de l'euro, la paralysie des institutions européennes, l'absurdité de la dictature oligarchique qui, dans cette Europe qui proclame ne plus se reconnaître d'autre fondements que la démocratie, en arrive à nommer des chefs de gouvernement qui n'ont jamais été élus par quiconque dans leur pays, le mépris général des peuples par ceux qui sont supposés les servir, tous ces errements ne sont que les aspects les plus visibles de craquelures annonçant une mutation qui ne ressort pas de l'ordre politique mais du mouvement des civilisations.
Le « bloc historique » soixante-huitard, qui voulut faire table rase des sujets historiques que sont les peuples et les nations est révolu : tout le montre une nouvelle fois alentours, peuples et nations ressurgissent toujours. Aussi nous ne doutons pas de notre réussite, quels que soient les obstacles qui s'opposent à elle.














