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samedi, 25 avril 2015 20:35

Génocide des Arméniens : les nécessaires leçons de l’histoire

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Mémorial du génocide arménien (Yerevan) Mémorial du génocide arménien (Yerevan)

En ce centenaire douloureux de ce que la majorité des historiens ont dénommé le génocide des Arméniens, le SIEL se joint aux hommages rendus, partout dans le monde, à ce peuple qui, dès 1894, faisait déjà l’objet d’un processus d’extermination planifié par l’Empire ottoman. D’avril 1915 à l’été 1916, ce qui est considéré comme le premier génocide du XXe siècle, coûta la vie à environ un million deux cent mille Arméniens d'Anatolie et d'Arménie occidentale, soit les deux tiers de la population arménienne.

Déjà, dès 1879, le Grand Vizir promettait de « faire disparaître à jamais le peuple arménien ». S’inscrivant dans un contexte géopolitique complexe de démantèlement de l’Empire ottoman par l’accession de ses minorités à l’indépendance, ce meurtre planifié visait principalement à supprimer une minorité qui, très tôt dans l’histoire de ce lointain peuple de souche indo-européenne, embrassa le christianisme.

Sans s’associer pour autant aux incessantes leçons de morale dispensées sans retenue par nos habituels droit-de-l’hommistes français et européen, le SIEL entend rappeler, en ce funeste anniversaire, que l’honneur d’un grand pays est d’assumer toutes les pages de son histoire, qu’elles fussent sombres ou glorieuses. Sans verser dans une repentance paralysante, la Turquie devrait reconnaître ce fait historique indéniable, tout comme la République française se grandirait en admettant qu’elle s’est construite, il y a plus de deux cents ans, sur l’effroyable charnier des vendéens.

Si la mémoire ne peut se perpétuer sur des mensonges, l’histoire ne peut guère davantage reposer sur le déni. C’est l’occasion pour le SIEL d’interpeller le ministre de l’Education nationale quant à son intention d’escamoter un peu plus les programmes d’histoire, notamment en minorant le rôle de l’Eglise tout en rendant quasi-obligatoire l’enseignement de la civilisation islamique. Sauf à devenir, nous-mêmes, un jour, des Arméniens dans notre propre pays.

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Cédric Milhat

Délégué national à la communication du SIEL.