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mercredi, 10 avril 2013 23:04

Chypre et la Russie

Écrit par 

par Geneviève BEDUNEAU

drapeau chypreLe 16 mars dernier tombait l’annonce du « plan de sauvetage » de Chypre, membre de la zone euro, par l’UE : sur les 17 milliards nécessaires, 10 seraient avancés par l’Europe mais 7 restaient à trouver dans l’île même et la BCE recommandait de taxer les dépôts bancaires et, pour éviter la ruée des déposants, le système entier fut figé, y compris les distributeurs automatiques. La presse française fut presque unanime à justifier cette mesure par le fait que les plus gros déposants étaient russes, sous-entendu mafieux, et que Chypre, paradis fiscal au secteur bancaire « hypertrophié », aurait servi au blanchiment d’argent. Selon Les Echos du 24 mars, il s’agit d’une politique entièrement pilotée par Berlin et madame Merkel aurait explicitement interdit d’en avertir Moscou. En d’autres temps, une telle opération eût été un casus belli mais nous vivons une époque de conflits plus feutrés. En fait, l’activité des banques chypriotes qui représente 69,7 % du PIB de la partie grecque de l’île et que madame Merkel veut ramener brutalement à la moyenne européenne de 35,4 % est principalement une activité de transit facilitant les échanges internationaux, en particulier les échanges des entreprises pétrolières et métallurgiques russes avec l’Union Européenne.


Le projet de taxation généralisée des dépôts a été abandonné définitivement le 21 mars par le gouvernement chypriote après son rejet par le Parlement. Chypre ayant menacé de quitter la zone euro, une autre géniale solution fut trouvée : mettre en faillite sa banque principale, la Laiki Bank, transférer les dépôts inférieurs à 100 000 euros à la Bank of Cyprus ainsi que les « bons » actifs et piller le reste en le taxant à 40% voire à 80%. Ce dernier plan, hélas approuvé, risque de mettre en danger plusieurs banques russes de taille moyenne, de gêner l’Etat russe qui y dispose de fonds et pourrait devoir faire face à un manque temporaire de liquidités mais surtout de l’obliger à restructurer ses circuits d’échanges. Sans oublier le choc diplomatique.
A qui profite le crime ? Les USA ? L’Allemagne ? En tout cas, dans ce bras de fer de la nouvelle guerre froide, on connaît déjà les perdants : les peuples.

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