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mercredi, 30 octobre 2013 20:05

Des nouvelles du Parlement européen à Strasbourg

Écrit par 

par Louise BUCHMANN
Déléguée SIEL ALSACE

strasbourg-parlementA quelques mois de la fin de la mandature des parlementaires européens actuels, se pose à nouveau la question du Siège du Parlement Européen : doit-il être complètement rapatrié à Bruxelles ou les sessions plénières doivent-elles avoir toujours lieu à Strasbourg?

De multiples attaques ont déjà été subies ces dernières décennies, on se souvient notamment des campagnes TV du lobby-think-tank « institut Montaigne » ou des coups de gueule exagérés de

D. Cohn-Bendit. Tout récemment, Strasbourg a subi une nouvelle attaque, forte au point de réveiller, tout juste avant les élections municipales, les élus socialistes en place accompagnés de l'inévitable

C. Trautmann, afin de monter une « task force » destinée à défendre le PE à Strasbourg ! Rappelons que le siège du PE est fixé par traité ; tout changement le concernant doit être approuvé à l'unanimité au Conseil Européen. Mais qui sait combien de temps cette règle de l'unanimité, dans la seule véritable instance exécutive de l'UE, sera maintenue ? Pire, qui sait si Hollande, en proie à toutes les audaces impopulaires et anti-France, exercera ce droit de veto, le moment venu, pour défendre le maintien d'une institution européenne – la seule qui soit du moins en apparence un tant soit peu démocratique- sur le sol français ?

Partant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs, une association avait déjà fait valoir, avec à sa tête T. Davis, la nécessité d'éloigner les élus des très nombreux lobbies installés à Bruxelles, où s'exercent déjà les rapports de force entre professionnels de l'influence et fonctionnaires de la Commission, à coups de millions d'euros et de dollars.. (ou autres pratiques que d'aucuns qualifieraient de corruptrices..). L'objectif était de communiquer sur des arguments pro Strasbourg, c'est-à-dire avec un rapatriement total du Parlement dans la capitale alsacienne, et non plus entre les deux villes actuelles (ce qui en soi déjà est une gabegie). Cette association n'avait récolté quasi aucune aide municipale. On se demande alors si les 50.000 € alloués par l'Etat français à la « task force » strasbourgeoise feront le poids face à ces géants d'une part, et pour convaincre des députés et leurs nombreux assistants, de faire le déplacement de Bruxelles à Strasbourg – ou plutôt, de chez eux vers Strasbourg – dont il est vrai, d'autre part, que l'aéroport est une honte pour la ville qui s'autoproclame « capitale de l'Europe »!

En vérité, les pro-Bruxelles, ayant le droit pour l'instant contre eux et usant d'arguments « CO2 » en dégainant des chiffres de dépenses invérifiables, ne sont jamais aussi combatifs quant aux dépenses somptuaires lorsqu'il s'agit des très nombreux privilèges dont ils bénéficient en tant que fonctionnaires européens. Passons outre les indemnités des députés eux-mêmes, dont l'enveloppe (chiffres très difficiles à trouver) se situe entre 15.000 et 30.000 € mensuels tout compris (assistants itou), on apprendra que Strasbourg a tenté de faire des efforts -efforts du contribuable bien-sûr- avec une ligne de tram complètement vide, ou bien la propagande sur les trams et à l'aéroport justement, avec ces « Strasbourg europtimist » collés partout. Ceci sans compter les grands magasins qui octroient aux fonctionnaires de ces institutions une réduction de 20% d'office sur tous leurs achats. On appréciera...

Tout cela en vain, puisque seuls les Strasbourgeois tiennent à leur Parlement, prestige oblige, et encore ! A part les hôteliers et quelques restaurateurs autour de la cathédrale, qui subirait réellement l'impact d'un départ éventuel du PE ? Quand on sait que par ailleurs les autres fonctionnaires européens (cour européenne de justice et conseil de l'Europe)) investissent massivement dans l'immobilier juste de l'autre côté de la frontière où l'insécurité n'existe pas et où règne un certain calme entre-soi, et sachant que de toute façon les Français, comme les autres peuples européens, ne connaissent pas et ne s'intéressent pas aux institutions européennes, on se dit que cette bataille est encore un symptôme supplémentaire de la déliquescence de l'U.E. : toujours plus éloignée, toujours plus forteresse à caste privilégiée, toujours plus technocratique.. ! Faire grouiller tout ce monde vénal à Bruxelles, serait-il un élément accélérateur de l'implosion finale ? Ne rêvons pas trop non plus...

Faisons cependant un peu de prospective et profitons des prochaines élections de mai 2014 pour choisir de nouveaux députés, actifs et travailleurs, qui sachent défendre nos intérêts dans cette institution qui est malgré tout, la « moins pire » du Système - qui pourrait d'ailleurs perdurer sous une autre forme et une autre organisation au moment de la chute de l'U.E.- et qui sauront démontrer l'intérêt qu'une telle institution reste sur le sol de la France.

(1) Crée en 1949 structure parallèle à celles de l'U.E.

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