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vendredi, 09 janvier 2015 11:01

L'assassinat de nos illustres illustrateurs a touché la démocratie en son cœur

Écrit par 

par Laure Brard
Adhérente du SIEL
Caricaturiste amateur

cabu-apres-camusCabu et Wolinski étaient pour moi des symboles de réussite dans leur domaine, des personnes que j'admirais pour leur sens aigu de la critique efficace, via l'humour.

Je tenais à rédiger ces quelques mots car je suis perturbée par cet événement pour plusieurs raisons, j'ai moi aussi le goût du dessin d'actu, des mots provocateurs qu'on leur associe pour en donner toute la puissnce de dérision.

Je réalise à quel point un dessin satirique est un outil de communication redoutable car on peut passer à coté d'un texte sans le lire, alors qu' on ne peut pas passer à côté d'un dessin sans le voir, et le voir c'est déjà être atteint par le dessin.

Le dessin est l'expression d'un esprit qui s'adresse directement à l'esprit de celui qui le regarde, se l'approprie, en cela il est une arme puissante.

L 'humour est une arme contre la bêtise, contre l'indifférence, une arme aussi contre la grisaille du quotidien et le réveil de l'esprit.

La puissance du dessinateur satirique c'est que son dessin traduit plus qu'une actualité, il est le reflet de son époque, il synthétise les absurdités , là où le commun les ressent, le caricaturiste les traduit pour mieux les mettre en évidence. Tuer le satirique c'est tuer une colombe de la paix, c'est s'attaquer à la démocratie mais aussi s'attaquer à l'intelligence.

Les meurtriers ont tout faux sur ce coup-là car en tuant nos illustres provocateurs, ils les rendent plus fort encore, en les faisant entrer dans l'éternité, les hommes passent, les dessins resistent au temps.

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