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samedi, 10 novembre 2018 20:14

Entretien de Karim Ouchikh avec Minute : "C'est à la faveur du vide moral et culturel que progresse l'islam"

Écrit par  Henri Langeau - Minute

Entretien avec Karim Ouchikh 

Conseiller régional d’Ile-de-France et président du Siel (Souveraineté, Identité et Libertés), Karim Ouchikh a été le premier à réclamer que la France accorde asile à Asia Bibi.

Karim Ouchikh, vous avez appelé Emmanuel Macron à accorder d’urgence l’asile politique à Asia Bibi, pourquoi ?

Le sort d’Asia Bibi me préoccupe depuis des années. J’ai suivi les différentes étapes de son procès, de sa condamnation à mort en première instance, puis en appel , à son acquittement par la Cour suprême. Elle est aujourd’hui menacée de mort tant qu’elle restera sur le territoire pakistanais. Si le gouvernement français ne tente pas tout pour la sauver, ainsi que sa famille et la poignée de personnes qui ont risqué leur vie pour l’aider, il faudra que nous, Français, descendions dans la rue pour protester devant l’ambassade du Pakistan. Pour l’instant, je n’ai pas beaucoup entendu à ce propos Marlène Schiappa, qui s’exprime pourtant abondamment en d’autres circonstances.

Au-delà du cas de cette mère de famille chrétienne condamnée à mort pour un prétendu blasphème, cette affaire est exemplaire de ce que subissent les minorités chrétiennes dans les pays musulmans : au Pakistan, mais aussi en Egypte, en Syrie, en Irak ou dans la Turquie d’Erdogan… En se portant candidate à accueillir Asia Bibi et les siens, la France renouerait avec sa vocation de protectrice des communautés chrétiennes dans ces pays – vocation qu’elle a abandonnée depuis ces dernières années.

L’ asile politique n’est-il pas un pis-aller pour les communautés chrétiennes, puisqu’elle sont ainsi conduites à disparaître de ces pays ? Par ailleurs, de quelles possibilités d’action la France dispose-t-elle ?

Il faut en effet s’interroger sur les moyens de peser sur les Etats où les chrétiens sont persécutés et d’exercer sur eux des pressions de tout ordre, notamment diplomatiques et économiques, afin que les terres qui furent le berceau du christianisme ne se vident pas de leurs minorités chrétiennes. Les chancelleries occidentales n’ont toujours pas mesuré la gravité de la situation et des persécutions que subissent les chrétiens d’Orient.

La France et l’Europe peuvent exercer des pressions de tout ordre, notamment diplomatiques et économiques. Mais la France pourrait aussi appliquer avec fermeté un principe de réciprocité en introduisant un moratoire sur la constructions de nouvelles mosquées sur son territoire, tant qu’il ne sera pas constaté de progrès tangibles en matière de protection des chrétiens en terre d’islam et que la communauté musulmane dans notre pays n’aura pas trouvé ses marques au sein de la République. La France ne doit pas être seule à appliquer ce principe de réciprocité : elle ne sera audible que si elle prend la tête d’une politique européenne en ce sens. La diplomatie européenne se hisserait ainsi au niveau qui doit être le sien. Il faudrait aussi interdire l’arrivée d’imams qui ne seraient pas formés sur le territoire de l’Union européenne. Il n’est plus possible de tolérer ici des fidèles musulmans qui ne respectent pas nos traditions, tandis qu’en terre d’islam des Etats-voyous se comportent à l’égard des chrétiens de manière scandaleuse.      

L’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, estime que si rien n’est fait, la situation en France deviendra « irrémédiable » d’ici à cinq ans. La France vous parait-elle menacée par une islamisation radicale ?

L’Islam n’est pas seulement une religion, c’est aussi une civilisation qui enferme l’individu dans un carcan de coutumes et de rites étrangers aux nôtres. Les pays musulmans ne sont pas parvenus à rentrer dans la modernité, à cause du caractère régressif de leurs textes sacrés. Nous pourrions nous dire qu’après tout, c’est leur affaire ; mais aujourd’hui, nous sommes concernés en raison des diasporas musulmanes installées en France : tant que la question de l’islam ne sera pas réglée, en France et en Europe, notre société restera fragilisée.

C’est à la faveur du vide moral et culturel que progresse l’islam. Dans de nombreux quartiers se développent, non pas des zones de non-droit, mais des zones d’un « autre droit », au sein desquelles une charia de basse intensité impose un corpus de coutumes et de règles à la place des coutumes françaises et des lois de la République. Il est urgent de reconquérir ces territoires, très autoritairement, en traitant l’islam comme une religion particulière et en rompant avec l’idée d’une égalité des religions en France, qui ne peut pas exister eu égard à la mémoire de notre pays. Nous devons d’abord nous interroger sur la signification de l’ « être français », sur ce que nous sommes et sur notre bien commun : ce qui fait que, depuis deux siècles, nous sommes heureux de vivre ensemble. Puis inviter les musulmans en France à se conformer à une grande charte de la France consignant les valeurs de notre pays, en rappelant la primauté du christianisme. Ceux qui l’accepteraient seraient accueillis et ceux qui s’y refuseraient, priés de quitter le territoire. C’est ce que j’appelle la remigration.

Propos recueillis par Henri Langeau

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